Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

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Re: Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

Message par L'Impayable le Lun 24 Jan - 19:55

Score formidable de Charles Strouse, scénario surfin de Benton et Newman, interprétations extra de Burgess Meredith, Warren Oates, Henry Fonda et Kirk Douglas, et Mankiewicz à la réalisation.

Analyse ici :
http://www.cadrage.net/films/therewasacrookedman/therewasacrookedman.html
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Re: Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

Message par Tyrone le Mar 25 Jan - 4:37

la jaquette du film ...
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Re: Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

Message par Guybo le Lun 7 Mar - 15:45

Howdy !!!

Voici encore une belle photo de cet excellent western.
Kirk Douglas et Henry Fonda se détendent entre deux scènes, pendant le tournage...

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Happy Trails,
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Le Reptile (1970) Joseph L. Mankiewicz

Message par Cooper le Dim 11 Aoû - 13:36

LE REPTILE
Le Reptile ( There Was a Crooked Man ) western américain de Joseph L. Mankiewicz sorti en 1970.

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Synopsis

1883. Six condamnés arrivent dans un bagne de l'Arizona. Parmi eux, Pitman, qui a caché un fabuleux trésor volé. Pitman est bien décidé à s'évader pour le récupérer et ne tarde pas à prendre un sérieux ascendant sur ses camarades. Mais Skinner, le directeur de la prison, interessé par son magot, ne lui fait aucun cadeau. Ce dernier, tué au cours d'une émeute sanglante va etre remplacé par Lopeman, qui entreprend quelques réformes pour améliorer la condition des détenus...

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Le scénario est une véritable mécanique d'horlogerie, qui manipule sans pitié personnages et spectateurs. Le réalisateur compose avec délectation une sarabande sarcastique, qui fait preuve d'un cynisme et d'une misanthropie férocement réjouissantes. Le "reptile" est peu charitable mais jubilatoire.

Fiche technique

Réalisateur : Joseph L. Mankiewicz
Scénario : David Newman, Robert Benton
Producteur : Joseph L. Mankiewicz
Producteur exécutif : C.O. Erickson
Montage : Gene Milford
Directeur de la photographie : Harry Stradling Jr.
Musique : Charles Strouse
Costumes : Anna Hill Johnstone
Genre : Western
Durée : 2h06mn
Dates de sortie : France : 19 septembre 1970
États-Unis : 25 décembre 1970

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Distribution

Kirk Douglas : Paris Pitman Jr.
Henry Fonda  : Woodward Loperman
Hume Cronyn : Dudley Whinner
Burgess Meredith : 'Missouri Kid'
Michael Blodgett : Coy Cavendish
Warren Oates : Floyd Moon
Ann Doran : Mme Lomax
Gene Evans : Col. Wolff
Claudia McNeil : 'Madam'

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Joseph L. Mankiewicz est connu comme le cinéaste du verbe et de l’ambiguïté ; Le Reptile est apparemment le plus taiseux et caricatural de ses films. C’est que dans ce western moderne, parodique et cynique, la parole et les costumes ne servent qu’à tromper et à manipuler. Un grand film théorique injustement méconnu.

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Re: Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

Message par Cooper le Dim 11 Aoû - 13:50


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Re: Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

Message par Cooper le Dim 11 Aoû - 13:52

Visuel DVD
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Re: Le Reptile (Joseph L. Mankiewicz (1969)

Message par Cooper le Dim 11 Aoû - 14:11

CRITIQUE CINE (TCM)

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Le Reptile trimballe derrière lui une mauvaise réputation. C’est l’avant dernier film de Mankiewicz et l’ultime œuvre de sa carrière, Le Limier, lui a toujours fait de l’ombre. C’est également un western et, comme l’a confirmé Kirk Douglas, que Mankiewicz avait déjà dirigé vingt deux ans plus tôt dans Chaînes Conjugales : « Joe n’était pas à l’aise dans le désert. Il se sentait beaucoup mieux dans une scène se déroulant dans une bibliothèque. » Et il est vrai que Le Reptile est un très étrange film pour son auteur : un western parodique où chaque personnage est ultra typé, un film carcéral ironique avec, somme toute, peu de répliques pour le plus spirituel et fin dialoguiste d’Hollywood.

Revenons au contexte pour tenter d’y voir plus clair et de comprendre les intentions du réalisateur d’Eve. Le Reptile a été réalisé en 1970 au moment même où Hollywood finit d’entamer la plus grande révolution structurelle et esthétique de son histoire, passant dans un nouvel Âge D’Or, soudain débarrassé de la censure et de producteurs omnipotents artistiquement. Mankiewicz, symbole du classicisme, auteur de films qui ont parlé d’ailleurs du crépuscule hollywoodien comme La Comtesse aux pieds nus, est exilé loin de l’usine à rêves où l’on ne fait plus beaucoup appel à ses services.

Le script du Reptile a été écrit par deux scénaristes alors très en vogue dans le Nouvel Hollywood : David Newman et Robert Benton, auteurs à qui l’on doit notamment Bonnie & Clyde d’Arthur Penn, le film étalon de la Nouvelle Génération en train de prendre le pouvoir. Ce qu’ils composent avec Le Reptile est à la fois à la mode des westerns révisionnistes qui revisitent avec sarcasme la légende hollywoodienne pour mieux la critiquer (notamment en termes politiques) et, à fortiori, un film de cinéphiles qui joue avec les références et les codes. Ainsi, Le Reptile est-il déjà en soi un curieux paradoxe : un film clairement de son temps, très distancié par rapports aux westerns classiques dont il cherche à se démarquer et réalisé par l’un des plus illustres et feutrés cinéastes de l’Age D’Or. C’est également une œuvre marquée visuellement puisque Mankiewicz use de certaines figures du cinéma moderne comme les zooms rapides. On y trouve également Warren Oates, comédien fétiche de Sam Peckinpah, cinéaste qui s’est fait une spécialité dans les années 60 de revisiter et de faire exploser les codes et les mensonges du western.

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Le film s’ouvre de manière on ne peut plus directe. En voix-off, le narrateur entame le récit par « Il était une fois… » suivi d’un générique folk où apparaissent à l’écran des enluminures westerns. Il s’agit donc ouvertement de jouer avec la légende gravée sur celluloïd de l’ouest. Dès les premières images, le film affirme sa nature à la fois critique et sarcastique. Une servante noire se prépare dans la douleur et la fatigue à aller servir ses maîtres blancs. Avant de passer la porte de la salle à manger, elle forcera son sourire, masquant ses sentiments réels, pour apporter le dîner en faisant mine de ressembler aux caricatures de serviteurs noirs des grands films hollywoodiens du temps passé tel Autant en emporte le vent. Durant ces scènes d’exposition, tous les personnages vont montrer d’eux un visage qui n’est pas le leur. Un faux pasteur vend ses miracles pour empocher la quête comme les médecins de pacotille tentaient de refourguer leur camelote aux premiers badauds. Un juge est fourré dans les seins d’une prostituée dans un bordel. Un aimable père de famille puritain et fortuné joue les voyeurs dans le même bocson pour épier les clients au lit. Une jeune fille dévêtue sur un billard avec son amant fait croire à son père fou furieux que celui-ci a en fait tenté de la violer. L’exposition du film est ainsi claire : la société toute entière est fondée sur des mensonges. Les scénaristes en profitent pour fustiger les nantis, dénoncer le racisme et les intolérances de toutes sortes puisque, par exemple, plusieurs personnages homosexuels vont s’affronter dans le pénitencier : un couple émouvant et comique, un directeur fatigué et lâche et un garde chiourme sadique.

Les thèmes du mensonge, de l’hypocrisie, de la duperie ne sont pas étrangers à Mankiewicz qui a toujours analysé les parties d’échecs que se disputent les hommes pour arriver à leurs fins. Que ce soit la fameuse Eve (Anne Baxter), James Mason dans L’Affaire Cicéron, la femme mystérieuse de Chaines Conjugales, les membres de la famille névrotique de Soudain l’été dernier ou les amants de Cléopâtre. Dans Le Reptile, pas une parole (à l’exception de celles d’un très vieux prisonnier que d’ailleurs personne n’écoute) n’est valide. Celui qui ouvre sa bouche ment ou manipule. Celui qui dit la vérité est déjà la victime de son adversaire. D’une certaine manière, le personnage campé par Kirk Douglas en fera les frais puisqu’il confiera d’emblée son secret à celui que joue Henry Fonda. Film sur la parole qui ne sert qu’à tromper, Le Reptile suit par ailleurs le parcours d’un perroquet en cage, oiseau qui peut dire ce qu’il a vu et donc dire la vérité et révéler les supercheries.  

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Si les mots mentent, Le Reptile est un film peu bavard, rythmé surtout par l’abattage formidable de Kirk Douglas dans son rôle habituel de bandit charismatique. Si les mots sont dangereux, Mankiewicz traite un autre sujet qui lui confère un aspect plus théorique : celui du costume et de l’apparat. Le film s’amuse avec la légende de l’ouest. Or, il voit s’affronter deux de ses stars les plus typées pour l’imaginaire collectif : Kirk Douglas, la crapule rusée par excellence et Henry Fonda, symbole même de la droiture et de la probité de l’idéal d’esprit américain. Mankiewicz va s’amuser à tricher avec ces figures. Dès l’ouverture, il nous prévient en attaquant chaque personnage et en dévoilant toutes leurs hypocrisies : les hommes endossent des costumes pour tromper leur entourage. Douglas et Fonda vont ainsi se vêtir de costumes ultra symboliques pour jouer leur rôle habituel et cette fois tromper leurs adversaires mais aussi le spectateur. Il s’agit donc, d’une certaine manière, de tirer sur les vieilles figures du passé pour désormais éclairer d’un jour nouveau la nature humaine dans sa vérité et son abjection. Un programme qui pourrait être celui du Nouvel Hollywood.

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Douglas est pourvu d’un col Mao et de lunettes. Fonda d’un costume sombre et dans de nombreux plans larges, il épouse la silhouette immortelle et mythique d’Abraham Lincoln qu’il avait incarné chez John Ford trente ans plus tôt. Fonda refuse ainsi tout au long du film alcool et prostituées. Il tente de réformer le pénitencier en instituant une politique de réinsertion humaniste, en faisant confiance aux prisonniers. En fin de compte, il se révélera aussi cynique et trompeur que les autres, ayant réussi à duper bandits et spectateurs grâce à son costume et en parlant le moins possible. Les deux comédiens, conscients de leur propre légende, s’en amusent au cours d’un échange lourd de sens où Fonda demande à Douglas : « Pourquoi toujours jouer les salauds ? » Ce à quoi Douglas rétorque : « Parce que c’est mon métier. Et vous, pas trop fatigué de diriger les hommes ? » Si Fonda ne répond pas, la fin du film ne trompe pas sur son personnage décidé à se payer du bon temps au Mexique.

Il est enfin possible de voir un tout autre affrontement dans celui qui oppose Douglas à Fonda, c’est celui du producteur et du réalisateur à l’aube des années 70. Fonda veut monter une prison nouvelle et charge Douglas de superviser les travaux. Douglas assigne ainsi à chaque personnage un rôle spécifique dont il va par la suite se servir pour tenter de s’évader de la prison. Fonda erre dans la cour et observe la gestation du chantier. Difficile de dire qui va gagner et qui est le véritable maître d’œuvre entre celui qui propose et finance le projet et celui qui l’exécute. Une chose est certaine, comme le prouve Douglas qui refuse de faire l’apologie de la politique de réinsertion à un repas de charité : pour que le spectacle soit total, vaut mieux que chacun conserve sa liberté. Mankiewicz, malheureusement, en fera les frais puisque le studio lui imposera de couper plus de quarante minutes de son film. Par la suite, le cinéaste ne pourra plus tourner qu’une seule fois. Dans Le Limier, il clôt sa réflexion sur le jeu des apparences et des tromperies, autour de deux personnages (Michael Caine et Lawrence Olivier) qui, à force de se mentir et de se manipuler, finissent pas ne plus réellement savoir qui ils sont.  


Propos de Frédéric Mercier

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