La Première balle tue (1956) Russell Rouse

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La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Tyrone le Sam 13 Nov - 19:04

La Première balle tue / The Fastest Gun Alive
Réalisateur : Russell Rouse

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Interprètes / casting :

Glenn Ford  ...  George Temple / George Kelby, Jr.  
Jeanne Crain  ...  Dora Temple  
Broderick Crawford  ...  Vinnie Harold  
Russ Tamblyn  ...  Eric Doolittle  
Allyn Joslyn  ...  Harvey Maxwell  
Leif Erickson  ...  Lou Glover
John Dehner  ...  Taylor Swope  
Noah Beery Jr.  ...  Dink Wells (as Noah Beery)  
J.M. Kerrigan  ...  Kevin McGovern  
Rhys Williams  ...  Brian Tibbs  
Virginia Gregg  ...  Rose Tibbs  
 Chubby Johnson  ...  Frank Stringer  
John Doucette  ...  Ben Buddy  
 William 'Bill' Phillips  ...  Lars Toomey
Christopher Olsen  ...  Bobby Tibbs (as Chris Olsen)

L'histoire :

Chaque fois que l'on reconnais les talents de tireur de George ,
il est obligé de fuir sa ville avec son épouse Dora , dans la crainte qu'un tireur
plus rapide vienne le mettre au défi .
A Crosscreek où il est installé paisiblement depuis quatre ans ,
rien ne semble pouvoir venir troubler cette vie tranquile , pourtant un jour ...


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Dernière édition par Tyrone le Ven 20 Fév - 16:56, édité 1 fois

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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Celtic Charlie le Dim 14 Nov - 3:54

Encore un film que j'aime avec ce grand acteur de Glenn Ford :) cheers
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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Lou le Jeu 25 Nov - 7:35

Moi aussi ! Wink
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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Tyrone le Ven 20 Fév - 17:11

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Mon avis : C'est un western qui me tient à cœur ... un de mes préférés .
Outre Glenn Ford que j'admire (de manière générale)
je me délecte ici aussi par le jeu remarquable de Broderick Crawford (10/10)

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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Cooper le Ven 20 Fév - 20:34

C'est un magnifique western en effet Tyrone. LA PREMIÈRE BALLE TUE s'inscrit dans une période charnière de l'histoire du western psychologique. Véritable chef-d'œuvre, ou à défaut de l'être, ce petit film "révisionniste" mérite le détour. On y trouve à la fois des échos de THE GUNFIGHTER (La Cible humaine) d'Henry King (1950) et HIGH NOON (Le Train sifflera trois fois) de Fred Zinnemann (1952) et une réflexion sur mythe et vérité, héroïsme et imposture qui anticipe de six ans L'HOMME QUI TUA LIBERTY VALANCE.

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RAPPEL DE L'HISTOIRE

Toujours à vouloir se rassurer d'être "le tireur le plus rapide" (the fastest gun alive), le hors-la-loi Vinnie Harold (Broderick Crawford) est confronté ce jour-là à Clint Fallon dont la réputation de fine gâchette n'est plus à démontrer. Vinnie tue sans peine son adversaire. La nouvelle se propage très vite aux environs et ce jusqu'à la petite ville de Cross Creek où l'exploit du bandit est rapidement sur toutes les lèvres. A tel point que George Temple (Glenn Ford), l'épicier paisible et non violent, souvent objet des moqueries de ses concitoyens, dans un sursaut d'orgueil craque et leur fait part de son mystérieux secret. Alors que personne ne l'a jamais surpris une arme à la main, il continue en fait à s'entrainer quotidiennement et en cachette au pistolet. Pour faire oublier son lourd passé de pistolero sans cesse provoqué par des gunfighters avides de gloire, il avait pourtant promis à son épouse enceinte (Jeanne Crain) non seulement de ne plus boire une goutte d'alcool mais aussi de ne plus jamais retoucher à une arme, et surtout de rester caché anonymement au sein de cette petite ville.

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Aujourd'hui il fait la démonstration, dans la rue centrale et devant tous les habitants, de sa virtuosité phénoménale dans le maniement du pistolet. Pendant ce temps, Vinnie et ses deux acolytes continuent de mettre la région à feu et à sang ; durant un hold-up, ils tuent le shérif de Yellow Fork. Un posse s'organise alors pour les poursuivre en direction de Cross Creek. Les bandits arrivent dans la petite ville pour se procurer des montures fraîches au moment où George vient déposer ses armes sur l'autel durant le sermon du dimanche, promettant de ne plus jamais y toucher. Mais Vinnie, apprenant de la bouche d'un jeune garçon la réputation de George, lui fait demander de sortir se mesurer à lui, prenant l'enfant en otage pour obliger son concurrent à revenir sur la promesse qu'il vient de faire devant ses concitoyens et son épouse...


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la premiere balle tue

Message par bannon le Sam 21 Fév - 13:20

Russel Rouse livre avec ce film une magistrale réflexion sur, comme le dit Cooper, l'imposture et l'héroïsme (un peu malgré soi). Je me souviens d'avoir été, enfant, un peu déçu par le manque d'action de ce western, mais je n'avait, bien sûr, pas mesuré sa profondeur psychologique et je le considère maintenant comme un des meilleurs westerns de Glenn Ford. Dommage que Russell Rouse n'ai  ensuite signé que "Caravane vers le soleil". C'est deux westerns auguraient une prolifique carrière dans le genre.
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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Cooper le Sam 21 Fév - 15:37

Certes Bannon, pour situer succinctement le premier des deux westerns réalisés par Russell Rouse, il pourrait s'apparenter à des films plus connus tels La Cible humaine (The Gunfighter) de Henry King ou Le Train sifflera trois fois (High Noon) de Fred Zinnemann ; à savoir des westerns à petit budget et en noir et blanc, sobres et presque austères de par leurs intrigues minimalistes, et où seule une portion congrue est dédiée à l'action, la psychologie des personnages étant bien plus importante que dans la majorité des films du genre. La Première balle tue pourrait donc également entrer dans la catégorie de ce que l'on a communément (et hâtivement) appelé le "sur-western", c'est-à-dire des westerns plus "adultes" que la moyenne, basés avant tout sur les déchirements des personnages aux dépens du mouvement.

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Et d'ailleurs Glenn Ford, pour son personnage tourmenté, aurait pu s'inspirer pour son interprétation du jeu de la "méthode", autrement dit de l'Actor's Studio, intériorisant beaucoup, le regard souvent perdu dans le vague, la tête dans la paume de ses mains comme s'il doutait constamment, se posant de multiples problèmes de conscience... Cette description rapide est évidemment très caricaturale, d'autant que la méthode de Strasberg a donné des choses formidables et en premier lieu Marlon Brando ou Lee Remick.

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Mais Glenn Ford m'a semblé moins convaincant ici que par le passé, moins sobre, moins juste, forçant un peu trop le trait ; tout comme le film d'ailleurs que j'aimais assez auparavant mais qui m'a paru aujourd'hui particulièrement lourd et pénible, à l'instar justement de High Noon. Mais comme pour ce dernier, les laudateurs du film étant largement majoritaires par rapport à ses détracteurs, je vous invite à vérifier par vous-même malgré mon avis à suivre, plutôt assez sévère à son encontre. Je pense sincèrement que les admirateurs du célèbre film de Fred Zinnemann avec Gary Cooper et Grace Kelly ont de très fortes chances de beaucoup apprécier aussi le western réalisé par Russell Rouse.

Source DVDClassic
Erick Maurel.

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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par BIOMAN le Sam 21 Fév - 19:39

Pour pousser plus loin cette analyse : Fils d'un pionnier du cinéma, Edwin Russell, Russell Rouse a commencé sa carrière comme écrivain et (ou) scénariste à la Paramount. Il sera par exemple l'auteur de l'histoire de Mort à l'arrivée (D.O.A.) de Rudolph Maté et, en collaboration avec le producteur de La Première balle tue, celui de la célèbre et hilarante comédie de Michael Gordon, Confidences sur l'oreiller (Pillow Talk) avec le couple Doris Day / Rock Hudson. Tout en passant derrière la caméra en 1951 pour une courte filmographie de seulement onze films, Rouse n'arrêtera donc cependant jamais ce premier métier, continuant de participer à l'écriture de ses propres films et écrivant aussi pour les autres.

"C'est le roi du gimmick, des astuces dramatiques, des idées insolites, le tout développé avec sérieux dans un cadre réaliste" pouvait-on lire à propos du cinéaste sous la plume de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans leur 50 ans de cinéma américain. Connaissant très peu sa filmographie, j'aurais du mal à le confirmer mais en tout cas cette brève description colle parfaitement bien au western dont il est question ici. Les gimmicks et astuces dramatiques sont bien présents, aussi bien concernant le passé du héros que lors de la scène finale, le tout développé avec beaucoup (trop) de sérieux et dans un cadre effectivement réaliste. Quant aux idées insolites, on les retrouve surtout dans la forme, certains cadrages ou plans se révélant assez curieux.

Mais justement, ce mélange d'insolite et de réalisme ne fait parfois pas très bon ménage. Autant sur un sujet très approchant - celui du pistoléro qui n'arrive pas à trouver la paix, sans cesse provoqué par de jeunes orgueilleux voulant se mesurer à lui - La Cible humaine de Henry King s'avérait remarquable de par un traitement de la dramaturgie d’une redoutable efficacité et une mise en scène constamment maîtrisée, autant The Fastest Gun Alive pêche par le fait de vouloir mélanger deux éléments antinomiques et irréconciliables que sont la sobriété et l'exubérance mélodramatique.

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Et c'est le pourtant génial compositeur André Prévin le premier coupable, ou plutôt l'utilisation qui est faite de sa partition. Si son thème principal est superbe, sa musique est trop souvent excessivement exacerbée là où ce n'était pas nécessaire, lors de séquences qui n'avaient pas besoin d'une telle exagération. Car plaquer des phrases musicales d'un puissant lyrisme sur des images ultra-réalistes, ce n'est pas forcément très convainquant et le résultat est même contraire au but recherché. Il en va de même pour la direction d'acteurs : vouloir faire un film sobre tout en demandant à ses comédiens de parfois surjouer, cela ne colle pas vraiment non plus. Ainsi, malgré le fait qu'il soit un remarquable acteur, Glenn Ford n'est pas toujours aussi fin et aussi juste que dans ses meilleurs films, ceux de Delmer Daves notamment, et pas toujours très à l'aise dans le registre mélodramatique.

Quant à Broderick Crawford, il prouve à nouveau que, même si parfois magnifique acteur, mal dirigé il tombe facilement dans le cabotinage excessif, son bad guy fanfaron devenant ainsi plus exacerbant que réellement inquiétant. Jeanne Crain dans le rôle de l'épouse enceinte se révèle également assez décevante et surtout plutôt mal mise en valeur aussi bien par le scénariste que par le responsable du maquillage. L'insolite provient également d'un mélange des genres ici totalement incongru ; lors de la séquence de la kermesse, voici Russ Tamblyn qui entame un numéro de danse acrobatique certes endiablé et impressionnant mais qui n'a absolument pas sa place dans un western qui se voulait au départ très sérieux.

Cette scène "de remplissage" arrive comme un cheveu sur la soupe et comme s'il avait absolument fallu étirer la durée du film. Nous passons donc ainsi en l'espace de quelques secondes d'un western moralisateur à une comédie musicale. Malgré tout, cette séquence aura eu le mérite de nous faire oublier un instant que nous nous trouvions devant un film bavard et sentencieux (du prêchi-prêcha même lors de la longue troisième partie à l'intérieur de l'église), et d'une pénible théâtralité.


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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Cooper le Sam 21 Fév - 22:13

Merci pour vos posts et pour donner suite à l'analyse des films dans l'instant présent et suivant l'actualité des westerns que notre ami Tyrone ouvre au jour le jour !

Commençons par "l'héritage" GUNFIGHTER. L'austère et remarquable film de King fut sans doute le premier à autopsier le personnage du tireur d'élite, à le dépouiller méthodiquement de son aura et à en montrer l'irrémédiable solitude. Gregory Peck y incarnait Jimmie Ringo, un homme stoïque, au bout du rouleau, poursuivi par sa réputation, et obligé d'affronter dans chaque ville de jeunes crétins surexcités avide de se mesurer à lui. Son tragique destin se jouait en quelques heures, entre un saloon, une chambre et la grand-rue emblématique d'une bourgade anonyme, où il tomberait sous les balles d'un petit minable. La malédiction continuait, car à la fin du film, "l'homme qui a tué Jimmie Ringo" devenait à son tour la cible privilégiée de dizaines d'autres candidats à la gloire.

De HIGH NOON, le film de Rouse reprend l'idée classique de la petite ville assiégée par une bande, et dont le salut dépend tout entier du courage d'un homme. Chez Zinnemann, le shérif Kane (Gary Cooper) se révèle incapable d'accomplir seul cette mission. Il sollicite en vain le concours de la population, et voit ses concitoyens se dérober un à un. La menace expose les failles intimes d'un héros trop humain, légitimement tenté de fuir une situation désespérée, mais révèle, surtout, l'égoïsme et la passivité d'une société où la solidarité est devenue un mot vide de sens. (Le film est un apologue transparent sur les réactions d'Hollywood à l'hystérie maccarthyste.)

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LA PREMIÈRE BALLE TUE associe les axes GUNFIGHTER et HIGH NOON (moins la dimension politique) au portrait d'un homme dont nous découvrirons la véritable personnalité en trois étapes finement agencées. Il y est à la fois question du poids écrasant de la réputation, des exorbitantes demandes que la société adresse à ses "héros", et des dilemmes d'un homme confronté à sa "gloire" usurpée, à ses échecs passés et à sa propre capacité de résistance.

L'histoire de George Temple (Glenn Ford) est celle d'un quidam ordinaire érigé malgré lui en sauveur. Dans un premier temps, Temple apparaît aux yeux des habitants de Cross Creek comme un loser. Simple boutiquier, il ne connaît pas les "rudes bonheur" qui sont l'apanage des ranchers. On le regarde avec condescendance du fait qu'il ne porte pas d'arme et ne boit pas d'alcool. On sous-entend même qu'il manque de virilité (thème courant des années cinquante : souvenons-nous seulement de la crise de nerfs de James Dean lorsqu'il voit son père faire la vaisselle dans LA FUREUR DE VIVRE.)

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Deuxième étape : George Temple, excédé, confond les ricaneurs en leur prouvant sa phénoménale habileté au tir. D'un instant à l'autre, le voilà promu "tireur le plus rapide de l'Ouest" et porté en triomphe par une population aussi crédule que versatile.


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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par shériff Thompson le Sam 21 Fév - 23:44

BIOMAN a écrit:
Pour pousser plus loin cette analyse : Fils d'un pionnier du cinéma, Edwin Russell, Russell Rouse a commencé sa carrière comme écrivain et (ou) scénariste à la Paramount. Il sera par exemple l'auteur de l'histoire de Mort à l'arrivée (D.O.A.) de Rudolph Maté et, en collaboration avec le producteur de La Première balle tue, celui de la célèbre et hilarante comédie de Michael Gordon, Confidences sur l'oreiller (Pillow Talk) avec le couple Doris Day / Rock Hudson. Tout en passant derrière la caméra en 1951 pour une courte filmographie de seulement onze films, Rouse n'arrêtera donc cependant jamais ce premier métier, continuant de participer à l'écriture de ses propres films et écrivant aussi pour les autres.

"C'est le roi du gimmick, des astuces dramatiques, des idées insolites, le tout développé avec sérieux dans un cadre réaliste" pouvait-on lire à propos du cinéaste sous la plume de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans leur 50 ans de cinéma américain. Connaissant très peu sa filmographie, j'aurais du mal à le confirmer mais en tout cas cette brève description colle parfaitement bien au western dont il est question ici. Les gimmicks et astuces dramatiques sont bien présents, aussi bien concernant le passé du héros que lors de la scène finale, le tout développé avec beaucoup (trop) de sérieux et dans un cadre effectivement réaliste. Quant aux idées insolites, on les retrouve surtout dans la forme, certains cadrages ou plans se révélant assez curieux.

Mais justement, ce mélange d'insolite et de réalisme ne fait parfois pas très bon ménage. Autant sur un sujet très approchant - celui du pistoléro qui n'arrive pas à trouver la paix, sans cesse provoqué par de jeunes orgueilleux voulant se mesurer à lui - La Cible humaine de Henry King s'avérait remarquable de par un traitement de la dramaturgie d’une redoutable efficacité et une mise en scène constamment maîtrisée, autant The Fastest Gun Alive pêche par le fait de vouloir mélanger deux éléments antinomiques et irréconciliables que sont la sobriété et l'exubérance mélodramatique.

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Quant à Broderick Crawford, il prouve à nouveau que, même si parfois magnifique acteur, mal dirigé il tombe facilement dans le cabotinage excessif, son bad guy fanfaron devenant ainsi plus exacerbant que réellement inquiétant. Jeanne Crain dans le rôle de l'épouse enceinte se révèle également assez décevante et surtout plutôt mal mise en valeur aussi bien par le scénariste que par le responsable du maquillage. L'insolite provient également d'un mélange des genres ici totalement incongru ; lors de la séquence de la kermesse, voici Russ Tamblyn qui entame un numéro de danse acrobatique certes endiablé et impressionnant mais qui n'a absolument pas sa place dans un western qui se voulait au départ très sérieux.

Cette scène "de remplissage" arrive comme un cheveu sur la soupe et comme s'il avait absolument fallu étirer la durée du film. Nous passons donc ainsi en l'espace de quelques secondes d'un western moralisateur à une comédie musicale. Malgré tout, cette séquence aura eu le mérite de nous faire oublier un instant que nous nous trouvions devant un film bavard et sentencieux (du prêchi-prêcha même lors de la longue troisième partie à l'intérieur de l'église), et d'une pénible théâtralité.



Il faut dire pour conclure à ceci que le postulat de départ était intéressant (pourquoi, un soir d'ivresse, le héros de l'histoire va-t-il briser la vie de quiétude qui lui était enfin offerte ?) et le secret du personnage interprété par Glenn Ford (que je vous laisse le soin de découvrir) très original. Le scénario semblait très bien pensé avec son découpage en trois parties assez distinctes et d'une durée équivalente (la description de la petite ville et de ses concitoyens ; la catharsis du héros qui, dans un sursaut d'orgueil malvenu, ne peut s'empêcher de dévoiler son talent caché ; la dernière partie pleine de tension qui se dirige indubitablement vers un tragique duel) mais il s'avère au final très mince, assez laborieux et manquant singulièrement de subtilité.

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Et même si l'on ne peut pas affirmer qu'il s'agit d'un mauvais film, la déception l'a donc emporté sur presque toute la ligne. Autant la psychologie du personnage joué par Glenn Ford est assez poussée, autant les habitants de la ville ne semblent être que des pantins (on ne sent pas vraiment vivre la petite localité), autant la bluffante démonstration de virtuosité du héros et le duel final sont remarquablement et ingénieusement filmés au sein d'un très beau noir et blanc, mais autant tout ce qui les entoure s'avère mou, terne, intempestivement bavard et rarement captivant, les clichés étant également de la partie. Si beaucoup y verront l'un des très bons westerns adultes des années 50, quelques uns auront eu l'impression de se trouver devant du mauvais et plutôt indigeste théâtre filmé. Je vous laisse choisir votre camp sans vouloir plus vous influencer ! Quoi qu'il en soit, ce western fut l'un des plus gros et inattendus succès de l'année 1956 pour la MGM !

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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par Ranger J. McQuade le Dim 22 Fév - 14:33

Le scénario de LA PREMIÈRE BALLE TUE porte la double signature de son réalisateur, Russell Rouse, et de Frank D. Gilroy, également crédité comme auteur de l'histoire originale, "The Last Notch" (La dernière encoche). Celle-ci avait été tournée une première fois à la télévision en 1954, dans le cadre de la collection "The United States Steel Hour". Imdb ne donne pas le nom du réalisateur de cet épisode et fournit un casting réduit, incluant Jeff Morrow (dans le rôle de George Temple), Louisa Horton (Dora) et Richard Jaeckel (Vinnie Harold). La source littéraire de "The Last Notch" serait, selon Imdb, le roman du "Doyen des Lettres Américaines" William Dean Howells "The Laphams of Boston".

Gilroy, futur lauréat du Pulitzer pour le drame psychologique "The Subject Was Roses", trouva sans doute la thématique du vrai/faux héros assez riche pour y revenir par deux fois : dans un savoureux roman western, "For Want of a Horse", paru en 1974, et, l'année suivante, dans l'adaptation qu'il en tira et qu'il réalisa lui-même sous le titre FROM NOON TILL THREE (C'est arrivé entre midi et trois heures), avec Charles Bronson et Jill Ireland. Inédit en DVD, ce film sophistiqué et inclassable tient à la fois du pastiche, de la comédie et de l'anti-épopée.

Comme LA PREMIÈRE BALLE TUE, mais sur un ton d'une grinçante ironie, c'est une parabole sur l'usurpation d'identité, les mythes de l'Ouest, la pression sociale, l'image de soi, les paradoxes et les contraintes de l'héroïsme. On y voit un vrai lâche, dépassé par sa légende héroïque, lutter pour rétablir la vérité sur lui-même et finir par sombrer dans la folie faute de rencontrer la moindre écoute. "Print the legend" est-il dit à la fin de LIBERTY VALANCE. L'histoire du cinéma a retenu cette formule ironique et désenchantée comme appartenant de plein droit à John Ford ; Frank D. Gilroy aurait aisément pu en revendiquer la priorité avec sa PREMIÈRE BALLE TUE...

Source: lemonde.fr
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Re: La Première balle tue (1956) Russell Rouse

Message par shériff Thompson le Mar 24 Fév - 18:34

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