BONE TOMAHAWK (2015) S. Craig Zahler

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BONE TOMAHAWK (2015) S. Craig Zahler

Message par Cooper le Sam 18 Mar - 18:13

BONE TOMAHAWK

Western américain de S. Craig Zahler. Date de sortie 15 février 2017 en VOD
(2h 12min).
POUR PUBLIC AVERTI ! ( attention aux âmes sensibles )
Ce western sauvage signé S. Craig Zahler est d’une intensité extrême !

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L'HISTOIRE

1850. Dans la paisible ville de Bright Hope, quelque part entre le Texas et le Nouveau-Mexique, une mystérieuse horde d’Indiens zombies en quête de vengeance kidnappent plusieurs personnes. Pour tenter de les sauver, le shérif local, accompagné de quelques hommes, se lance alors à leur poursuite… C’est le début d’un voyage vers l’enfer et de l'horreur.

LA CRITIQUE
Par N. Winter dans Cinéma & Série TV

Acclamé dans plus d'un festival, Bone Tomahawk est le premier long-métrage de l'américain Craig Zahler. Avec un casting alléchant (Kurt Russell, Patrick Wilson ou encore Matthew Fox), le réalisateur se penche sur un genre plutôt discret ces derniers temps : le western. Consacré par le Grand Prix de Gerardmer en 2016, le film n'aura finalement pas eu les honneurs d'une distribution sur grand écran et se retrouvera, comme beaucoup d'autres films de genre ces dernières années, directement en Blu-Ray.

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En effet, Bone Tomahawk a l'idée attrayante de mélanger le western à l’horreur dans la droite lignée d'un The Burrowers ou du plus méconnu, mais génial, Vorace. On suivra ainsi quatre cow-boys de circonstances, le shérif Hunt, le dandy John Brooder, l'adjoint Chicory et l'estropié Arthur O'Dwyer qui partent à la recherche de la femme de ce dernier enlevée par des Indiens en plein milieu de la nuit.

Postulat simple donc mais qui se permet une originalité de taille en faisant des dits Indiens des sortes de cannibales consanguins passablement violents et terrifiants. Ce mélange détonnant suffit-il à faire de Bone Tomahawk l’événement annoncé par la presse spécialisée ? Pas tout à fait...

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Il faut d'abord concéder à Bone Tomahawk une véritable envie d'apporter du neuf dans un milieu souvent trop cloisonné. Avant de revenir sur son versant horreur, il faut mentionner que le long-métrage pose les bases d'un univers western peut-être un peu trop propre pour être pleinement crédible mais véritablement appréciable dans le fond. Zahler installe lentement sa galerie de personnages pour finalement nous faire suivre les quatre héros sus-nommés.

C'est là que le film va diviser. En adoptant un rythme très lent, trop en fait, Bone Tomahawk ennuie un tantinet. Il souffre de façon flagrante d'un ventre mou qui nuit clairement au récit. Si les intentions de l'américain sont louables, à savoir installer une vraie "complicité" et creuser les personnages, il se répète.

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Le fil rouge de l'histoire, à savoir la blessure à la jambe d'O'Dwyer, devient pénible. Une erreur d'autant plus dommageable que la galerie d'acteurs à l'écran assurent, en particulier un Matthew Fox méconnaissable et qu'on confondrait volontiers avec un Matthew McConaughey au meilleur de sa forme. A trop vouloir prendre son temps, Bone Tomahawk se tire une balle dans le pied et coupe l'élan narratif offert par son prologue (et le caméo délicieux de Sid Haig).

On ne peut pourtant pas parler de ratage pour Bone Tomahawk. Pas du tout même puisque la mise en scène méticuleuse de Zahler ainsi que son talent évident pour distiller une atmosphère inquiétante donnent au film de sérieux atouts dans sa catégorie. On en arrive alors au côté horreur-fantastique qui a beaucoup fait parler dans les festivals.

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Très proche d'un Vorace dans l'esprit, Bone Tomahawk prend le risque d'inventer de toutes pièces une tribu d'indiens cannibales pas piquée des hannetons. Terrifiants dans leur look et dans leur organisation à peine dévoilée, les sauvages offrent une succession de séquences chocs où Zhaler n'hésite pas un instant à faire gicler le sang et à démembrer.

Le résultat s'avère sauvage et jouissif au possible (mais qu'on déconseillera aux âmes sensibles...) notamment lors d'une scène de découpage particulièrement violente. Bone Tomahawk semble même plus réussir dans l'horreur pure que dans le reste puisque la dernière partie horrifique, plus courte, se révèle plus efficace sur le spectateur.

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Encore une fois cependant, Zahler ne profite pas à fond des possibilités offertes par cet aspect et son dernier acte, bien que saisissant, manque de l'explosivité qu'il aurait du contenir. Comme si le métrage fourmillait de bonnes idées mais qu'elles n'étaient pas exploités à leur juste valeur.

Restons cependant optimiste, en tant que premier long-métrage, de par ses qualités scénaristiques et de réalisation, Bone Tomahawk vaut très largement le coup d’œil pour les amateurs du genre. Zahler réalise en fait un film bourré de promesses et contenant quelques séquences remarquables.

Ajoutez à cela un indéniable talent de directeur d'acteurs et vous obtenez un métrage intéressant à plus d'un titre. On suivra la carrière de ce jeune cinéaste avec une attention toute particulière en espérant que la flopée de promesses de Bone Tomahawk trouve un accomplissement dans le futur !

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Re: BONE TOMAHAWK (2015) S. Craig Zahler

Message par shériff Thompson le Sam 18 Mar - 21:21

Prix de la mise en scène à Sitges et doublement nommé aux prochains Spirit Awards (pas une mince affaire pour une production horrifique), Bone Tomahawk est un premier long métrage remarqué, signé par l'Américain S.Craig Zahler. Son début est cash, la lame de couteau immédiatement posée sur la pomme d'Adam.

Bone Tomahawk prendra pourtant son temps ensuite (peut-être un peu trop) le long de ses 132 minutes. Mais le prologue très réussi du long métrage laisse entrevoir les talents de mise en scène du jeune cinéaste, avec un sens du découpage et du cadrage qui donne du dynamisme et une efficacité formelle aux effusions de violence.

L'histoire de Bone Tomahawk est simple et limpide (des Blancs ont été enlevés par des troglodytes cannibales, des cow-boys partent à leur rescousse). L'épure va bien au long métrage, qui se passe d'artifices comme l'usage surligné de la musique.

C'est aussi la limite du film qui manque un peu de substance – on ne demandait pas une parabole politique mais à peu près tout ce que le long métrage raconte apparaît à l'écran et il ne va jamais vraiment plus loin.

Mais, en plus d'être constamment bien mis en scène, Bone Tomahawk est aussi bien écrit, avec un sens du dialogue qui se sent à chaque échange entre les acteurs (dont un Kurt Russell qui semble né pour jouer ce type de rôle).
 
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Alors que le western classique est devenu une espèce en voie de disparition, on a davantage l'occasion de voir des westerns modifiés. Bone Tomahawk n'appartient pas à cette lignée de westerns minimalistes, de La Dernière piste de Kelly Reichardt à Gold de Thomas Arslan.

Plutôt à ce genre étrange et tordu du western horrifique, à l'image ces dernières années de films comme l'excellent Vorace d'Antonia Bird, le méconnu The Burrowers de JT Petty et surtout des Disparues, l'un des rares films valables réalisés dans les années 2000 par Ron Howard.

Ce mélange de genre reste surprenant et assez ludique, il est en tout cas traité sans gants ni dentelle par le réalisateur qui ne lésine pas sur les tortures juteuses. Ce sympathique voyage, particulièrement éprouvant pour ses héros, n'a effectivement pas la tête d'un épisode du Dr Quinn...

Critique par Nicolas Bardot
Filmdeculte.

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