Dead Man (1995) Jim Jarmush

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Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par Chris 68 le Dim 31 Jan - 18:24

DEAD MAN

Dead Man, western américain, coproduit avec l'Allemagne et le Japon, réalisé par Jim Jarmusch, sorti en 1995.
La musique du film a été composée par Neil Young.

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SYNOPSIS

Aux environs de 1870, William Blake (Johnny Depp), jeune homme naïf originaire de Cleveland, se rend à la ville de Machine, sur la Côte Ouest, pour y prendre un poste de comptable dans l'entreprise de l'irascible M. Dickinson (Robert Mitchum). Arrivé là, il apprend que son poste a déjà été pris. Dépité, il passe la nuit chez une ancienne prostituée, Thel. Dans la nuit, l'ancien fiancé de celle-ci et fils de Dickinson réapparaît, tue Thel et blesse gravement William Blake.

Ce dernier riposte en tuant Dickinson fils, et s'enfuit en volant son cheval. Plus tard, alors qu'un étrange Indien, Nobody (« Personne ») (Gary Farmer), persuadé que William Blake est effectivement le poète anglais du même nom, tente de le soigner, Dickinson lance sur lui un trio de tueurs à gages… C'est le début de l'errance de William Blake et Nobody, tous deux reniés par leurs communautés respectives, à travers l'Ouest sauvage.

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Un film rare, qui hypnotise et entraîne le spectateur tout au long d'un voyage allégorique sublimé par la somptueuse photo de Robby Müller.

FICHE TECHNIQUE

Titre : Dead Man
Réalisation : Jim Jarmusch
Scénario : Jim Jarmusch
Décors : Bob Ziembicki
Costumes : Marit Allen
Photographie : Robby Müller
Montage : Jay Rabinowitz
Musique : Neil Young
Producteurs : Demetra J. MacBride et Karen Koch (coproductrice)
Société de distribution : Miramax Films
Pays d'origine : États-Unis - Allemagne - Japon
Langue : anglais, cree
Format : Noir et blanc - son Dolby - 35 mm - 1,85:1
Genre : Western, Film dramatique
Budget : 9 000 000 $
Durée : 121 minutes
Dates de sortie : France : 26 mai 1995 (festival de Cannes) ; 3 janvier 1996 (sortie nationale)

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DISTRIBUTION

Johnny Depp : William 'Bill' Blake
Gary Farmer : Nobody (Personne) ou Xebeche, nom indien signifiant « parle fort pour ne rien dire »
John Hurt : John Scholfield
Robert Mitchum : John Dickinson
Lance Henriksen : Cole Wilson
Michael Wincott : Conway Twill
Eugene Byrd : Johnny 'The Kid' Pickett
Iggy Pop : Salvatore 'Sally' Jenko
Billy Bob Thornton : Big George Drakoulious
Mili Avital : Thel Russell
Jared Harris : Benmont Tench
Gabriel Byrne : Charles Ludlow 'Charlie' Dickinson
Crispin Glover : le pompier du train
Alfred Molina : le missionnaire
Michelle Thrush : La compagne de Nobody
John North : M. Olafsen

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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par Chris 68 le Dim 31 Jan - 18:27


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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par Chris 68 le Dim 31 Jan - 18:38

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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par Cooper le Lun 1 Fév - 18:34

On peut noter l'hommage que rend Jim Jarmusch, dans son néo-western ultra stylisé, Dead Man, à une des grandes figures du genre, en prénommant ses deux shériffs nigauds respectivement Lee et Marvin (Lee Marvin).
Steven Soderbergh, quant à lui, s'est souvenu de ses classiques, et à appeler les frères Malloy de Ocean's eleven (Scott Caan, Casey Affleck), Virgil et Turk, en référence au personnage de Virgil "Turk" Sollozzo dans le Le Parrain. Jim Jarmusch réalise ici un western comme rarement il nous aura été donné l’occasion d’en voir.

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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par shériff Thompson le Lun 1 Fév - 19:12

En 1995, quand Jarmusch présente Dead man à Cannes, le cinéaste se relève de deux films mineurs (Mystery train et Night on Earth). Certes, le western en noir et blanc repart bredouille de la Croisette, mais la réputation du bonhomme se retrouve consolidée par la merveille poético-spirituelle qu’il vient de présenter. Dead man va alors connaître dans son genre, en l’occurrence l’art et essai délicat et contemplatif, une belle carrière et se retrouvera immédiatement estampillé d’une réputation de film culte amplement méritée, au vu du caractère décalé du métrage.

Cinéaste essentiellement urbain dès son premier long (Permanent vacation, en 1980), Jarmusch abandonne provisoirement la ville pour le far-West mythique. Un trip de près de deux heures relevant du fantasme permanent. Son western délaisse l’action pour l’ambiance, marquée pour le coup par une photographie contrastée et un monochrome reposant et funeste. Les déambulations fictives du poète britannique William Blake incarné par Johnny Depp dans un décor de villages indiens et de cowboys en déliquescence ou au cœur d’une nature paradoxalement organique et aride nous entraînent sur la voie du récit initiatique.

Cependant, au lieu de découvrir la vie, le jeune homme, à la naïveté très Burtonnienne (et ce n’est pas la seule présence de Johnny Depp qui sous-tend la comparaison), s’embarque dans une odyssée mystique et intérieure, qui le conduit inéluctablement à une métaphore de sa propre mort. Ainsi, la séquence d’ouverture dans le train n’est pas sans rappeler celle qui ouvre La clepsydre de Wojciech Has dans une rame tout aussi funèbre, qui conduit son protagoniste vers sa destinée finale.

L’omniprésence de la mort plane sur cette œuvre. Dès son seul titre, polysémique. Entre la mort des parents de cet antihéros qui le conduit à voyager pour chercher du travail (une illusion), les cadavres qui se multiplient autour de lui (notamment celui du seul personnage féminin qui déclenche la mise à prix de sa tête), le génocide des indiens qui se manifeste par la misère de ce peuple et son repli spirituel, elle revêt des visages différents, le principal étant la violence graphique et parodique à laquelle le réalisateur recourt ponctuellement.

N’oubliant pas l’humour pour s’éloigner un peu plus des canons du cinéma de l’Ouest traditionnel, Jarmusch réalise avec Dead man une œuvre visuellement splendide et entêtante, un pur bijou d’indépendance artistique, manifestement conceptuel, mêlant les différents arts picturaux à la poésie et à la musique. Le doux score errant de Neil Young participe par ailleurs énormément à l’effort onirique de l’entreprise, qui au final s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de Jarmusch, entre les essais en noir et blanc de ses débuts, Stranger than Paradise et Down by law, tous deux marqués par ce même humour décalé et cet amour quasi obsessionnel pour la musique un peu folk de l’Amérique mythique. Bref, en parcourant le grand Ouest, Jarmusch a trouvé sa pépite d’or et treize ans après, elle resplendit encore de tous ses charmes.

Sources Cinéma: Avoir-Alire

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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par The Wraith le Lun 1 Fév - 21:40

Dead Man met en lumière une autre héroïne: la musique, instinctive, lancinante, amplement majestueuse. Les improvisations de Neil Young respectent les silences et les entailles du montage.

Face à la fuite du sens, le fractionnement du temps et l’éparpillement des rôles secondaires (Jim Jarmusch fait pour la première fois appel à une directrice de casting), les saturations d’une guitare traduisent avec justesse les écarts somnambules de William Blake, toujours plus insistants.

L’horizon se dégage peu à peu. Les plans oppressants, au plus près des visages, s’estompent au profit des grands espaces. Nobody et Bill se laissent submerger par une nature ensorceleuse. Dead Man s’achève là où il a commencé !


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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par Chris 68 le Mar 2 Fév - 17:56

Un voyage mystique et intense, à rebours des conventions du western, tournant le dos à un héroïsme sécurisant. Désarticulée, l’odyssée de William "Bill" Blake ne donne jamais l’impression d’aboutir. Le comptable ignorant de Cleveland est d’entrée un personnage inexistant, terrassé par de grands méchants loups aux cœurs vérolés. Les maux et les imbroglios s’enchevêtrent; Dead Man réverbère un maelström d’hallucinations et d’effets secondaires. Les violentes chasses à l’homme broient les icônes et réduisent au silence les prières inquiètes. Les desseins contraires se cognent les uns aux autres.

Au cœur de la tourmente, un guide satisfait fredonne les vers d’un prophète. William Blake survit. Mais pour combien de temps? Son identité est double (fonctionnaire esquinté ou poète des armes à feu?), sa vision embuée (les lunettes disparaissent). Son cerveau assailli par le doute résiste à l’envie irrépressible d’abandonner la terre ferme… L’élévation spirituelle de Blake rime avec un authentique crescendo formel, des rails horizontaux de la locomotive aux troncs d’arbre séculaires.

C’est toute l’Amérique, brutale et impulsive, qu’observe Jim Jarmusch dans une fable sur l’effondrement, un retour à une campagne primitive, où se cramponne une poignée de brigands. Machine Town, désigné comme la succursale de l’enfer, célèbre une ère industrielle rongée par le vice. L’artère principale qui s’ouvre devant William Blake fait souffler un vent de panique. Petit prince immaculé, engoncé dans un costume trop raide, l’étranger prend vite conscience de sa vanité.

Source ciné: Filmdeculte

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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par The Wraith le Mar 2 Fév - 20:24

Le DVD
Une réédition plutôt passable aux bonus néanmoins décevants.

Les suppléments

Dead man change d’éditeur. Après le DVD de TF1 vidéo, voici celui de Bac vidéo. Quantitativement l’édition demeure pauvre en bonus. L’on perd une interview de Jarmusch pour des scènes inédites. Heureusement, celles-ci sont profuses et intéressantes, mais pour la plupart présentées dans un master vidéo ingrat. On notera que la version du film proposée sur la galette contient une scène supplémentaire relativement courte qui n’a pas été doublée pour la version française. Il s’agit de dialogues entre les chasseurs de tête qui ne présentent aucun intérêt particulier si ce n’est de répondre à une coupure de quelques secondes qui ne se justifiait pas dans le montage initial.
Le reste des bonus se décline en bandes annonces (sept films de Jarmusch que l’éditeur ressort cette année à la vente), filmographies et une galerie de photos. Bref, de l’anecdotique.

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Image & son

Difficile à partir de la pellicule initiale qui était abrupte d’obtenir un master de grande qualité. Si le noir et blanc est généralement contrasté et de qualité correcte, il peut s’avérer parfois neigeux pour certaines séquences de nuit et tremblotant lorsque l’image est trop lumineuse. A noter également quelques ombres rouges qui apparaissent parfois en filigrane. On pouvait donc s’attendre à mieux pour cette réédition.
Le son est pour sa part présenté dans son dolby 2.0 d’origine. Il s’avère un peu faible et diffus mais il est globalement correct, en VO ou VF, pour sa mise en valeur de la musique de Neil Young.
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Re: Dead Man (1995) Jim Jarmush

Message par The Wraith le Mar 2 Fév - 21:25

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