Les collines de la terreur (1972) Michael Winner

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Les collines de la terreur (1972) Michael Winner

Message par cahill le Mer 27 Mai - 15:14

Les collines de la terreur (1972) "Chato's Land"   
Réalisateur : Michael Winner

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DISTRIBUTION :

Charles Bronson : Pardon Chato
Jack Palance  : Quincey Whitmore
Richard Basehart : Nye Buell
James Whitmore : Joshua Everett
Simon Oakland : Jubal Hooker
Ralph Waite : Elias Hooker
Richard Jordan : Earl Hooker
Victor French : Martin Hall

HISTOIRE :

En 1873 dans un petite ville du Nouveau-Mexique, un Apache nommé Chato abat un shérif dans un bar, qui le provoquait. Traqué par treize hommes, il s'enfuit dans les montagnes, avant que ceux-ci ne découvrent son repaire, ne violent sa femme et ne tuent son frère. Parfaitement à l'aise dans des montagnes où il a passé sa vie, Chato inverse le rapport de forces contre ses poursuivants. Commence alors une vengeance dont aucun des treize ne reviendra.


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MON AVIS :

Un  tres bon western pur et dur que j'aime a revoir pour la magnifique  performance  de Charles Bronson. Un film fait pour lui il va de soi
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Re: Les collines de la terreur (1972) Michael Winner

Message par Chris 68 le Mer 27 Mai - 18:21

Cinéaste à la réputation peu flâteuse, régulièrement accusé de faire l'apologie du fascisme au cours de sa carrière, Winner fait partie de ces cas typiques de modestes cinéastes injustement décriés par l'intelligienca du milieu du cinéma. Et surtout dont le discours et les thématiques récurrentes sont mal interprétées... De prime abord, derrière le cinéaste auteur d'un justicier dans la ville assez discutable, peut-on voir une vision de prime abord assez primaire de l'homme.

Ce dernier est un être primitif chez Winner qui dominé par ses instincts et qui échoue fatalement à s'accorder avec son prochain. Du vieux briscard aigri et cynique ayant combattu pendant les guerres de sécession en passant par le jeune blanc bec esclave de son phalus, la bande de "Cowboys" qui composent la petit bande de mercenaires aux trousses de Bronson tiennent davantage des rednecks haineux de Craven que des nobles cavaliers de John Ford. Pilleurs, violeurs, racistes, meurtriers... Ceux-ci ont tout de la horde sauvage que rien n'arrête.

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Et c'est là qu'intervient notre indien en parfaite harmonie avec la nature, et ne cherchant que la tranquillité, il devient lui aussi un être impitoyable lorsque l'on pénètre dans son domaine et que l'on tue les siens. Mais contrairement à ses poursuivants, lui a appris à accepter sa part d'animalité et à la dompter pour ne faire plus qu'un avec la nature... Il n'est pas un voyageur égaré dans les collines mais la colline elle-même qui espionne les hommes, s'amuse avec leurs sens, puis les fait disparaître un à un. Il devient ainsi le coyote qui murmurant dans le crépuscule, annonce aux hommes l'arrivée de leur fin. Fin que certains d'entre eux entrevoient mais qu'ils ne peuvent arrêter tant la routinière tuerie fraternelle qu' entreprend l'homme envers son prochain n'a pas de limite.

En définitive, malgré une mise en scène assez quelconque et d''un déroulement de l'intrigue assez mollasson, l'oeuvre de Winner parvient à marquer les esprits grâce à son discours pro indien qui en fait l'une des premières oeuvres dénonçant leur persécution et leur massacre par les "bons" blancs mais aussi par son discours sous-jacent... L'homme est un loup pour l'homme et son envie de domination d'autrui peut le pousser à faire des expéditions punitives insensés, dans le seul objectif de détruire ce qu'il perçoit comme une menace à sa vision du monde. Ce qui en fait un discours assez nihiliste mais à bien des égards aussi des plus lucides sur le fonctionnement des sociétés humaines. Notamment pour celles se targuant d'être "civilisées"...

Source: senscritique

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Re: Les collines de la terreur (1972) Michael Winner

Message par Cooper le Mer 27 Mai - 19:14

Chato's Land marque le début d'une longue collaboration de Winner avec Charles Bronson. Winner expédie très vite l'argument du film (Chato/Bronson abat un shérif raciste en légitime défense) pour se concentrer sur la traque du métis indien par une bande de salauds bellicistes, attentistes et xénophobes. La réalisation est encore plus plate que celle de Lawman, Winner étant perdu dans son désert hostile, ne sachant pas trop quoi en faire alors qu'elle est décrite comme une terre vivante. Le mutisme de Bronson – qui doit déclamer à peine six phrases, sans compter quelques répliques en dialecte indien non traduites - sied au personnage de Chato, dont Winner comprend que les rides minérales se confondent parfois idéalement avec les paysages.

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Mais Chato semble parfois trop en retrait, fantomatique par rapport à ses poursuivants peu sympathiques, rendant toute identification impossible. Le film est une parabole explicite sur le Vietnam - figures malheureusement familières du sniper, du village incendié, du viol, du territoire ennemi hostile - d'autant que le visage de Chato est presque asiatique. La quête ‘winnerienne’ nihiliste s'applique ici aux poursuivants menés par Jack Palance, qui ressassent l'amertume de la défaite de la Guerre de Sécession/Guerre du Vietnam ("c'était une bonne guerre") et canalisent leur rage amère dans un baroud d'honneur guerrier. Cette nostalgie d'une gloire révolue, vierge d'humiliation, est cristallisée dès le début du film lorsque le premier acte de Palance avant de traquer Bronson est de revêtir son vieil uniforme de l'Armée Confédérée.

Le renversement des valeurs de Lawman s'applique ici grossièrement à la distinction civilisés/barbares puisque les chasseurs sont encore plus violents que la proie. Tout comme Maddox était lucide, les chasseurs sont conscients de leur inhumanité : "je veux quelque chose" (une vie normale, une femme), dit l'un d'eux mais il veut posséder l'épouse de Chato. Le personnage de Whitmore/Palance se nuance un peu au cours du film, fataliste réalisant la vacuité de sa traque mais cherchant encore à grappiller quelques miettes de victoire virile. S'il y a parabole sur le Vietnam, le constat est encore une fois cynique : la société américaine est encore hantée par la violence de ses pionniers (thème central de Death Wish) et la violence met chasseurs/chassé (les catégories s'inversant bien sûr au cours du film) sur le même plan.

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A certains égards, Chato est traqué davantage pour crime de métissage que pour crime de sang ("croiser un loup et un chien donne un animal qui tue"). Le brouillage de la ligne nous/autres semble être le catalyseur de la violence du film (Chato n'aurait jamais dû venir dans un bar de Blancs : il a franchi la ligne), tout en trouvant une résonance dans la névrose américaine : le communautarisme émerge à cette époque, avec pour profession de foi "séparés mais égaux". La forme brouillonne du film - encore plus sale que Lawman - sied à la grossièreté de ses personnages. On se satisfait des performances de Palance et Bronson, même si Chato's Land est un brin prévisible, étiré (sans doute parce que l'on se moque du sort des protagonistes) en Dix Petits Nègres désertique sous influence italienne. Le final semble pourtant dire que même le complaisant/frontal Winner sait quand il faut conclure.


Source ciné: DVD Classik.



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