Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

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Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Tyrone le Ven 13 Fév - 18:04

Les portes de l'enfer "Hellgate"
Réalisateur Charles Marquis Warren.

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Avec dans les principaux rôles Sterling Hayden , Joan Leslie , Ward Bond.

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Mon avis : western atypique .

L'histoire se passe au sud désertique de l'Arizona , dans une prison improvisée
creusée dans le roc d'une montagne où est emprisonné à tort un ancien sudiste ...
Sterling Hayden et Ward Bond sont remarquables dans leur rôles respectifs ,
la participation de Robert J Wilke dans la peau du détestable gardien de prison
ne passe pas inaperçue .


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Re: Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Tyrone le Ven 13 Fév - 18:14

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Hellgate (1952) Sterling Hayden, Ward Bond.
Full Length Western Movie

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Re: Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Chris 68 le Ven 13 Fév - 19:12

Charles Marquis Warren pompe ingénument le scénario de Je n’ai pas tué Lincoln pour nous plonger dans une geôle infernale au cœur d’une montagne plantée elle-même au milieu d’un désert… C’est Sterling Hayden qui s’y colle dans la peau du pauvre vétérinaire accusé de collaboration avec un chef de la guérilla (un gang sanguinaire qui fait alors rage) : un chef blessé aux côtes s’est fait soigner chez notre bon Hayden, a oublié une sacoche dans sa fuite et voilà notre infortuné Hayden condamné bêtement à cet enfer. Heureusement Hayden n’a pas le physique de Zemmour sinon il serait déjà mort, coupé en huit, dans la carriole qui l’emmène dans cette prison dantesque.

Hayden va tout connaître : des camarades de prison violents, des gardiens tortionnaires (l’impressionnant Wilke avec sa tronche hirsute), des responsables qui ne lui font aucun cadeau (Ward Bond, pur et dur), des conditions de travail indignes des 35 heures (casser des pierres c’est fatigant mais en plus dans la poussière, c’est intenable), des possibilités d’évasion intorchables (non seulement il y a le désert à traverser mais en plus on te colle au train une bande d’Indiens surentrainés qui touchent une plus grosse prime s’ils te ramènent mort ce qui est franchement déloyal). Hayden désespère de s’extraire un jour de ces grottes et jouera son va-tout en se portant volontaire pour aller chercher de l’eau la maladie faisant rage dans le camp. Hayden a-t-il l’étoffe d’un héros ?

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On sent que la production a fait des économies sur le scénar et le décor (un bon gros tas de cailloux fera l’affaire avec quelques troncs d’arbres taillés en pointe) mais ce petit western  de derrière les tas de pierre tient parfaitement la route. On ne sait plus par quels douleurs, par quelle horreur Hayden devra passer pour prouver son innocence mais le moins qu’on puisse dire c’est que l’homme est pugnace pour ne pas dire résistant - tu te vois tenir 3 jours dans une armoire en fer en plein cagnard ? C’est juste impossible. Ben lui, il le fait : le regard hagard, la barbe en vrille, le teint noirâtre, notre prisonnier innocent serre des dents mais passe à travers les épreuves comme Peyron dans la tempête.

On sent la sueur, la violence (le petit freluquet qui s’échappe… ahah, empalé, le gars, qu’il finira et proprement en plus), la hargne, la volonté transpirées par tous les pores de la pellicule… On devient aussi claustrophobe que ces individus pris au piège de tortionnaires sans foi ni loi (tu te manges ta « faute » en triple) et l’on prie pour que Hayden puisse miraculeusement avoir sa chance (en prison, petit, il n’y a pas d’amis, que des vendus ou des traîtres…). Un western de Charles Marquis Warren … Prenant.

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Re: Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Cooper le Sam 14 Fév - 15:20

L'HISTOIRE

Kansas, 1867. La Guerre de Sécession est terminée depuis peu mais des renégats sudistes n’ayant pas supporté la défaite sillonnent toujours la campagne, commettant encore quelques actes "terroristes" à l’encontre des civils. Le vétérinaire Gil Hanley (Sterling Hayden) vit paisiblement avec son épouse (Joan Leslie) dans un coin isolé quand un groupe de ces rebelles vient frapper à sa porte, l’un d’entre eux (James Anderson) étant blessé. Hanley le soigne sans se montrer curieux quant à la raison de sa plaie mais peu après des soldats de l’armée américaine viennent l’arrêter. Ils ont retrouvé derrière sa maison une sacoche d’argent volé, perdue par les hors-la-loi, et l’accusent d’avoir aidé des bandits en fuite, voire même de faire partie du gang traître à la patrie, lui-même ayant été un ex-soldat confédéré.

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Gil est condamné à être retenu prisonnier à Hellgate, une prison militaire du Nouveau-Mexique qui se trouve perdue au milieu de nulle part, à l’intérieur d’une montagne sise au centre d’une région désertique et où officie l’impitoyable Lieutenant Tod Voorhees (Ward Bond). Celui-ci hait les "guérilleros" depuis que ces derniers ont incendié sa maison dans laquelle son épouse et sa fille ont péri. Autant dire que toutes les conditions sont réunies afin qu’il soit presque impossible de s’échapper de Hellgate, d’autant plus que des Indiens de la tribu Pima sont payés pour ramener les éventuels fuyards - la prime étant plus élevée s’ils sont pris morts plutôt que vifs ! Mais les conditions de détention sont tellement pénibles que Hanley décide, malgré les réticences à son encontre, de s’associer avec son compagnon de cellule George Redfield (James Arness) pour organiser une évasion...


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Re: Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Cooper le Sam 14 Fév - 15:50

L'ANALYSE

Hellgate est le deuxième film réalisé par Charles Marquis Warren qui fut également un écrivain consacrant de nombreux de ses romans à l’histoire de l’Ouest, privilégiant les faits peu connus, les thèmes originaux et les personnages atypiques. Quand au début des années 50 on lui proposa de passer derrière la caméra, il demanda des conseils à Budd Boetticher (recommandations qu’il ne semble pas avoir bien suivies au vu de ses mises en scène manquant singulièrement d’efficacité et de rigueur). Il se spécialisera néanmoins à nouveau et très logiquement dans le western, passant du scénario à la réalisation, du cinéma à la télévision (Gunsmoke, Rawhide…). Il est resté tristement célèbre pour son troisième film, Le Sorcier du Rio Grande (Arrowhead), peut-être le western le plus haineux et raciste de l’histoire du genre. Autrement, il signera quelques scénarios très efficaces tel celui du réjouissant La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifle) d’André de Toth.

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On a souvent dit que Hellgate était un remake de The Prisoner of Shark Island (Je n’ai pas tué Lincoln) de John Ford ; c’est peut-être un peu exagéré même si la situation de départ est assez similaire, celle d’un homme injustement accusé puis, victime d’une justice expéditive, envoyé dans un établissement pénitentiaire où les conditions de détention sont très dures. Grâce à ses notions de médecine, une épidémie qui s'était déclarée au sein de la prison sera enrayée. Remake ou non, il s’agit d’un des rares exemples de western ayant flirté avec le film de prison. Amateurs de ce dernier sous-genre du cinéma (sans que cette appellation ne soit aucunement péjorative), vous pourriez donc être fortement intéressés.

Le film débute par un prologue nous faisant penser que l’intrigue qui va nous être contée serait tirée d’un fait réel et qu’il vaudrait mieux pour tout le monde qu’une telle histoire ne puisse plus se reproduire. Après maintes recherches, il s’avère que non, que ce ne serait que pure fiction. A la limite, cela nous est égal ! Une petite roublardise de la part du scénariste/réalisateur qui veut ainsi faire d’emblée monter la pression, semblant vouloir nous dire : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! » C’est de bonne guerre en terme de marketing mais, finalement, cet "avertissement moralisateur" dessert un peu le film car nous aurons beau espérer des éléments de l’intrigue d’une force considérable, rien ne viendra jamais vraiment ou alors rien de bien nouveau ; rien en tout cas qui ne fut déjà fait avant et avec une toute autre puissance !

Alors bien évidemment que de telles conditions de détention sont déplorables et inacceptables, tout autant que le fait qu’un innocent ait été victime d’une justice aussi expéditive. Mais, pour ne citer qu’un seul exemple similaire, repensez à Je suis un évadé (I Am a Fugitive From a Chain Gang) de Mervyn LeRoy qui s’avérait autrement plus efficace pour faire passer ce message humaniste. Mais il est finalement tout aussi malhonnête de ma part de vouloir comparer ces deux films, Charles Marquis Warren ayant tourné son western avec un minuscule budget pour une firme distribuée par l'un des studios de la Poverty Row, à savoir la Lippert Pictures, la toute petite compagnie qui avait produit les premiers films de Samuel Fuller (J’ai tué Jesse James et Le Baron de l’Arizona).


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Re: Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Ranger J. McQuade le Dim 15 Fév - 0:39

FICHE TECHNIQUE DU FILM

Titre original : Hellgate
Autres titres - France : Vallée ardente

Formats Noir et blanc - Mono  
Public : Tous Publics
Réalisateur : Charles Marquis WARREN
Scénariste(s)
Charles Marquis WARREN
Auteurs originaux : Charles Marquis Warren, John C. Champion (histoire)

Producteur(s)
John C. CHAMPION
Sociétés de production : Commander Films Corporation
Distributeurs International : Lippert Pictures
Video : Sidonis

Chef opérateur : Ernest MILLER,  Format/Ratio : 1.37:1
Bande originale / Compositeur  Paul DUNLAP
Montage : Elmo WILLIAMS
Effets spéciaux : Ray MERCER   
Décors : Ralph SYLOS   
Costumes : Wesley JEFFRIES

Année de production : en 1952
Dates de sortie - Etats-Unis : 05/09/1952
France : 19/02/1960

Genre : Western
Pays : Etats-Unis
Durée : 01 h 27

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DISTRIBUTION DES RÔLES

Sterling HAYDEN (Gilman S. Hanley),
Joan LESLIE (Ellen Hanley),
Ward BOND (Le lieutenant Tod Voorhees),
James ARNESS (George Redfield),
Peter COE (Jumper Hall),
John PICKARD (Gundy Boyd),
Robert J. WILKE (Le sergent-major Kearn),
James ANDERSON (Vern Brechene),
Richard EMORY (Dan Mott),
Dick PAXTON (George Nye),
William HAMEL (Le lietenant-colonel Woods),
Marshall BRADFORD (Le docteur Pelham),
Sheb WOOLEY (Neill Price),
Rory MALLINSON (Banta),
Pat COLEMAN (Hunchy),
Kermit MAYNARD (Un garde à la barricade),
Timothy CAREY (Un gardien de prison),
Rodd REDWING (Pima),
Stanley PRICE (Le colonel Telsen),
Edmund COBB (Frank),
Mickey SIMPSON (Un gardien de la prison de l'armée)
Nick BORGANI, Ed HINTON, et Holly BANE.


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Re: Les portes de l'enfer (1952) Charles Marquis Warren

Message par Ranger J. McQuade le Dim 15 Fév - 0:43

ANALYSE CRITIQUE

Charles Marquis Warren a beaucoup œuvré dans le western, du grand au petit écran, travaillant indifféremment ou cumulativement comme scénariste (La Mission du Commandant Lex), producteur ou réalisateur (Le Sorcier du Rio Grande avec Charlton Heston et Jack Palance). On lui doit aussi bien des westerns de série B (Seven Angry Men avec Raymond Massey) qu'une bande tardive avec le King pour vedette (Charro) ou des épisodes de Rawhide, Gunsmoke (avec James Arness qu'il dirige déjà ici), Le Cheval de Fer ou du Virginien.

Secondé par Andrew V. McLaglen pour pousser Les Portes de l'Enfer (Hellgate en v.o. - 1952, disponible chez Sidonis), il retrace de manière détournée le destin du Docteur Samuel Mudd, accusé d'avoir secouru l'assassin de Lincoln et condamné pour cela à un exil forcé. Le scénario situe l'action au Kansas en 1867 et débute par l'intrusion chez un paisible fermier d'une bande de hors la loi dont le chef a besoin de soins urgents. Le fermier s'emploie à le panser sommairement, sans vouloir le juger. Ce fermier circonspect plus que taiseux est interprété par le grand Sterling – Johnny Guitare – Hayden dont la carrure imposante (1m96) s'illustra avec autant de bonheur dans le western que le film noir (Asphalt Jungle). Mais dont la carrière fut malheureusement sapée par le Maccarthysme, époque maudite qui le rongea à titre personnel jusqu'à la fin de sa vie en 1986.

Remis en selle par Kubrick (Ultime Razzia, Dr Folamour), on le revit notamment par la suite dans Le Parrain et le 1900 de Bertolucci; tout cinéphile avec un rien de mémoire se souvenant de son interview crépusculaire dans l'excellente émission « Cinéma, cinémas »de Claude Ventura où il confiait tout de son ressenti vis à vis du Maccarthysme. Car rappelons-le, cet homme était avant tout un type bien, capable de plaquer sa carrière hollywoodienne montante en plein conflit mondial pour s'engager dans l'armée et intégrer ce qui allait devenir l'OSS (future CIA) en qualité de commando de choc. N'oublions pas qu'il reçut la Silver Star pour faits d'armes exemplaires en se faisant expédier en Yougoslavie occupée pour livrer des armes aux partisans de Tito. A cet égard, la scène où son personnage est condamné pour complicité supposée avec les brigands est à peine jouée par cet homme meurtri à vie pour avoir du trahir ses amis, bourrelé de remords qu'il fut jusqu'à sa mort.

Catalogué comme un western, Hellgate est peut être avant tout un film de prison. Avec ses codes et ses contraintes. L'espace s'y réduit non pas à quatre murs mais à de petits monts inexpugnables, le désert pour toute ligne d'horizon mortelle, les prisonniers se retrouvant captifs d'un camp minier encadré par l'armée. Et surveillé par des indiens appointés pour récupérer d'éventuels fuyards (25 dollars pour un évadé vivant, le double pour un échappé mort). Face à Sterling Hayden, en commandant de camp endeuillé par le massacre de sa femme et sa fille, se dresse la malveillance affichée de Ward Bond (le compère de John Ford) bien décidé à lui en faire baver à défaut de pouvoir le châtier lui-même. Au point de tenter de le pousser à l'évasion pour avoir le plaisir de voir son cadavre ramené tôt ou tard par ses pisteurs indiens. Mais Hayden n'est pas du genre à s'en laisser compter, même si une fois jetée en cellule collective il découvre avec quel genre de gibiers de potence il va devoir survivre, sous un soleil de plomb et dans un microcosme à la bestialité primaire qui ne sied guère à sa conception humaniste, fut elle transposée à ce genre de vie en communauté.

Il ne tarde d'ailleurs pas à en venir aux mains avec le leader du groupe de détenus qui lui tient lieu de compagnie, un dénommé Red (James Arness précisément) qui n'entend pas partager son autorité avec lui. Tension extrême et permanente lorsqu'ils sont au repos dans leur cachot troglodyte creusé à même la roche, cruauté exacerbée (l'évasion pathétique qui tourne au carnage quand un infortuné prisonnier est abattu en escaladant une colline, dont il dégringole pour aller s'empaler sur des pieux plantés à cet effet), inanité de la condition humaine (les prisonniers ne cassent pas des cailloux comme dans un bagne ordinaire mais creusent le sol de la montagne en profondeur pour essayer de tomber sur une improbable nappe phréatique), la peinture en noir et blanc que le réalisateur fait de cette prison à ciel ouvert a de quoi faire frémir.

Ambiance désespérante contre volonté de survivre à tout prix, le combat paraît inégal, au fil des minutes. Si s'évader devient une obsession pour Hayden, le jeu comporte des risques majeurs et tout acte d'insubordination son lot de punitions en retour, entre le four (être enfermé dans une simili tombe à même la terre, recouverte d'une plaque de fer exposée en plein soleil) et le fouet. A la faveur d'une mutinerie, les prisonniers parviennent violemment à prendre le dessus sur la troupe. Mais le combat est par trop inégal et la tentative échoue piteusement. Hayden est placé au four après avoir été désigné comme le meneur de l'insurrection, condamné sans autre forme de procès par Ward Bond qui l'a instantanément pris en grippe et qui, à défaut de pouvoir l'exécuter, décide de lui faire endurer les pires épreuves.

Obstiné, découvrant à la faveur de son enfermement en plein soleil un semblant de plan indiquant la direction à suivre pour éviter le désert tout proche en cas de fuite et profitant d'un tunnel naturel que ses compagnons de galère ont découvert et qui débouche en surplomb du camp, Hayden aussitôt raccompagné en cellule s'enhardit à tenter l'aventure. Ils sont donc une poignée d'outlaws à se faire la belle, sans se douter un instant que le commandant du camp sait tout de leurs intentions et qu'il les épie depuis un éperon rocheux, attendant le moment propice pour lâcher sa meute. Et s'offrir en prime la tête d'Hayden sur un plateau.

Tempête de sable, traitrise, attaque d'indiens, rien ne sera épargné au quatuor d'évadés qui ne forme bientôt plus qu'un duo, James Arness recevant de manière assez remarquable une flèche en plein cou alors qu'il s'apprêtait à se retourner contre Hayden. Ce dernier, finalement seul face à l'escouade d'indiens appointée par Ward Bond, est donc ramené au camp sous bonne garde avant que son ennemi ne lui laisse alors le choix de se réhabiliter ou pas, en allant chercher de l'eau pour soigner les membres du camp atteints de fièvre. Parvenant à convaincre les habitants de la ville la plus proche de la nécessité de lui venir en aide malgré leur crainte d'une épidémie, Hayden bien que blessé par les civils regagne le camp militaire pour sauver ses geôliers. Et recouvrer finalement sa liberté, la clémence brillant comme une lueur d'espoir au bout de son chemin de croix; le dernier plan du film le voyant symboliquement serrer dans ses bras sa Pénélope qui n'avait pas quitté leur ferme.

Essentiellement concentré sur l'action, ce petit métrage endiablé exhale de belles vertus dans un magnifique noir et blanc. Et permet à Sterling Hayden d'imposer de la voix et des épaules un personnage qui lui ressemble énormément, dans un rôle aux vertus prophétiquement cathartiques manifestes, troublantes ô combien. Indubitablement, Charles Marquis Warren connait son affaire, cadre au plus près des visages meurtris et tendus de ses comédiens avec un savoir faire notable, livrant là une excellente série B, nerveuse et sensible à la fois. Un metteur en scène à revisiter ?



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