Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

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Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Dim 1 Juin - 11:34

LES SEPT MERCENAIRES
( The Magnificent Seven )  

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Les Sept Mercenaires (The Magnificent Seven) est un western de John Sturges sorti en 1960. Le film est grandement inspiré du film japonais Les Sept Samouraïs réalisé par Akira Kurosawa en 1954.

Synopsis

Au XIXe siècle, au nord du Mexique, un petit village de paysans reçoit régulièrement la visite de Calvera et de ses quarante bandidos. À l'occasion de leur dernière venue, ces derniers ont de nouveau pillé le village et ont annoncé leur prochain retour où le pillage sera plus important, les bandits fuyant la police rurale et devant acquérir des provisions pour se cacher dans la montagne pendant l'hiver à venir. Un paysan qui s'était rebellé est abattu par Calvera. C'en est trop. Aussitôt après son départ, les villageois se réunissent et décident d'agir pour ne plus subir les exactions des bandits. Après avoir pris conseil auprès du vieux sage du village, ils décident d'acheter des armes pour se défendre. Trois hommes sont envoyés aux États-Unis, non loin de là, pour effectuer les achats avec le peu d'argent qu'ils ont pu réunir.

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La première ville dans laquelle ils s'arrêtent leur permet de faire la connaissance de Chris Adams, un homme solitaire et bon tireur. Après avoir entendu leur problème, Chris les guide vers une autre piste. Au lieu d'acheter des armes dont, de toute façon, ils seraient incapables de correctement se servir, plus habitués aux travaux des champs qu'à la bataille, ils feraient mieux de louer les services de mercenaires. C'est ainsi qu'ils recrutent, toujours avec l'aide de Chris, le premier engagé, cinq autres hommes.

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Tous ces mercenaires acceptent pour une raison bien légitime et propre à chacun : l'un pense que Chris flaire un bon coup financier, un autre suit pour se trouver enfin un but honorable à accomplir, le suivant croit fuir les ennuis en changeant de pays mais pour mieux se jeter dans la bataille, encore un autre est si habile tireur et avec toute arme qu'il accepte par pur défi personnel pour se trouver des ennemis dignes de ce nom, le dernier est sans le sou et se dit que ce maigre salaire est toujours mieux que rien…

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En cheminant vers le village, ils acceptent un septième et dernier compagnon d'armes, un jeune homme qui les convainc par sa ténacité et son envie de prouver sa valeur. Les sept mercenaires sont réunis. Dès lors il ne leur reste plus qu'à préparer le village et ses habitants à la bataille à venir.

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Fiche technique

Titre original : The Magnificent Seven
Titre français : Les Sept Mercenaires
Réalisation : John Sturges
##Scénario : William Roberts, Walter Newman, Walter Bernstein, d'après le film Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa
Dialogues : Thom Conroy
Musique : Elmer Bernstein
Direction artistique : Edward Fitzgerald
Décors : Rafael Suarez
Maquillage : Emile Lavigne et Daniel Striepke
Photographie : Charles Lang Jr.
Ingénieurs du son : Jack Solomon et Rafael Esparza
Effets spéciaux : Milt Rice
Montage : Ferris Webster
Montage sonore : Del Harris
Sociétés de production : Mirisch Company
Producteurs : John Sturges, Walter Mirisch et Lou Morheim
Distributeur : United Artists
Budget : 3 000 000 $
Format : Couleur (De Luxe) - 2.35:1 en Panavision- Mono (Westrex Recording System) - 35 mm
Pays d'origine : États-Unis
Langue originale : Anglais
Genre : Western
Durée : 128 minutes
Dates de sortie : États-Unis : 23 octobre 1960 - France : 1er février 1961

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Dim 1 Juin - 11:49

Distribution : Les Sept Mercenaires

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Yul Brynner : Chris Adams, le chef des sept mercenaires
Steve McQueen : Vin Tanner, le bras droit de Chris
Horst Buchholz : Chico, le plus jeune des sept mercenaires
Charles Bronson : Bernardo O'Reilly, le mercenaire irlando-mexicain
Robert Vaughn : Lee, le mercenaire traqué par les forces de l'ordre
James Coburn : Britt, le mercenaire-lanceur de couteaux
Brad Dexter : Harry Luck, le mercenaire cupide

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Eli Wallach : Calvera, le chef des quarante bandits
Jorge Martínez Hoyos : Hilario
Vladimir Sokoloff : le vieil homme
Rosenda Monteros : Petra
Rico Alaniz : Sotero
Natividad Vacío : Miguel
Whit Bissell : Chamlee, le croque-mort
Val Avery : Henry, le vendeur de corsets
Bing Russell : Robert, le compagnon de voyage d'Henry
Robert J. Wilke : Wallace
Fernando Rey : le prêtre

En 1961, Elmer Bernstein a été nommé pour l'Oscar de la meilleure musique de film et Robert Vaughn au Golden Globe de la révélation masculine de l'année.

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Dim 1 Juin - 11:58

Le film

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Ce film est, six ans après, un remake de celui d'Akira Kurosawa Les Sept Samouraïs.
Akira Kurosawa en aurait été si enchanté qu'il offrit un nihontô à John Sturges.
Yul Brynner épousa sa femme Doris sur le plateau du film. Pour l'occasion, toute l'équipe rejoua la fiesta du film lors de la réception.
Une suite a été tournée en 1966 : Le Retour des sept (Return of the Seven) de Burt Kennedy avec Yul Brynner et avec deux autres acteurs pour les rôles des deux autres survivants du film de Sturges : Vin:/Robert Fuller et Chico/Julian Matteos.

Deux autres films ont suivi qui reprennent uniquement le personnage de Chris Adam : Les Colts des sept mercenaires Guns of the Magnificent Seven (1969), de Paul Wendkos avec George Kennedy
La Chevauchée des sept mercenaires The Magnificent Seven Rides (1972), de George McCowan avec Lee Van Cleef.

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Steve McQueen, alors sous contrat pour la série Au nom de la loi, simula un accident de voiture pour pouvoir jouer dans le film. Il s'agissait pour lui de son premier film important, et le moyen de vraiment percer au cinéma. Il chercha donc à se faire remarquer par tous les moyens, surtout au détriment de Brynner qui était déjà une grande star. On le remarque d'ailleurs dans la première moitié du film : il ne cesse de bouger, de faire des gestes, d'enlever et de remettre son chapeau, etc. Un jour, Brynner, irrité par cette attitude, lui conseilla d'arrêter ce petit jeu : "Sinon, je n'ai qu'une chose à faire : il me suffit d'enlever mon chapeau et ainsi, plus personne ne te regardera". Et dans la deuxième partie du film, on voit que le jeu de McQueen est plus sobre.

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Le gouvernement mexicain hésita à accepter le tournage du film sur son sol. En effet, quelques années plus tôt, les autorités avaient accueilli le tournage de Vera Cruz avec Burt Lancaster, et avaient alors estimé que le film avait donné une image trop négative des Mexicains. Elles finirent par accepter, à condition que soient présents sur le plateau des huissiers mandatés spécialement pour vérifier qu'on ne nuirait pas à l'image des Mexicains, y compris au niveau vestimentaire. Lorsque les costumes blancs des paysans furent couverts de terre pour la scène où ils rentrent des champs, les huissiers intervinrent pour dire que des Mexicains ne pouvaient pas être sales. Et donc, tout au long du film, malgré les travaux dans les champs, les chutes de cheval et les batailles, les costumes des paysans restent parfaitement et miraculeusement blancs.
Le groupe de punk britannique The Clash a intitulé un de leur plus célèbre titre The Magnificent Seven en hommage à ce film.

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Dim 1 Juin - 12:09



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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Dim 1 Juin - 12:11

The Magnificent Seven : Visuel DVD
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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Dim 1 Juin - 12:15

Plus de cinquante ans après sa sortie, Les Sept Mercenaires demeure avec son célèbre thème musical, sa pléiade de stars et ses scènes d'anthologie, un des westerns les plus mythiques.

Classique parmi les classiques, Les Sept Mercenaires de John Sturges a su s'approprier tous les codes des westerns de l'âge d'or et emprunter quelques bonnes idées par-ci par-là, pour se hisser au rang de film culte. À commencer par son scénario: John Sturges s'est inspiré du chef-d'oeuvre d'Akira Kurosawa, Les Sept Samouraïs.

Il revisite l'intrigue originale et transforme les samouraïs en mercenaires venus prêter main-forte à un village de Mexicains, tyrannisés par un terrible bandit et sa bande de pillards... Sturges a la bonne idée de réunir pour ce film l'archétype des héros du Far West incarnés par de vraies «gueules» de cinéma. Il y a le sage vétéran (Yul Brynner), l'intrépide justicier (Steve McQueen), le sentimental (Charles Bronson), le chien fou (Horst Buchholz), le solitaire taciturne (James Coburn), le repenti (Robert Vaughn) et l'arriviste (Brad Dexter).

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Tout ce beau monde s'en donne à coeur joie dans des scènes de combat à la violence brute. Inédite à l'époque, cette âpreté ainsi qu'un surjeu ambiant (magistral Eli Wallach en affreux de service) et des situations volontairement caricaturales, font des Sept Mercenaires (1960) un prélude au western spaghetti. Il ne lui manque en effet que le brin d'autodérision qui fit, plus tard, le succès des productions italiennes de Sergio Leone et compagnie.

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Chris 68 le Dim 1 Juin - 14:32

Les Sept Mercenaires
The Magnificent Seven

Célèbre pour son thème musical, ses nombreuses têtes d’affiche, ses scènes d’anthologies, Les Sept Mercenaires demeure dans nos mémoires parmi les westerns les plus mythiques. Ce n’est pourtant pas un des grands maîtres du genre qui le signe, et le film apparaît plutôt tardivement dans l’histoire des studios hollywoodiens. Le revoir plus de quarante ans après sa sortie permettra peut-être de mieux définir sa place et son influence…

Ce qui caractérise avant tout Les Sept Mercenaires, c’est que rien ne lui appartient vraiment. Tout y est emprunté. À commencer par le scénario puisqu’il s’agit du remake du plus connu des films d’Akira Kurosawa : Les Sept Samouraïs (1954). Bien que l’ère d’Edo soit troquée contre le Far West, l’intrigue reste inchangée, contrairement au sujet. Kurosawa s’intéressait plutôt à l’aspect tragique du samouraï, à son devoir vis-à-vis de la paysannerie, à son code d’honneur qui confère à cette caste chevaleresque toute sa grandeur mais aussi sa solitude, à comment elle est vouée à disparaître. Remplacer un samouraï par un mercenaire (ce qui hérissa l’épiderme du maître japonais) suffit à modifier intégralement le sens du récit. Sturges en profite plutôt pour réinvestir tous les typages du héros classique du western. Il y a donc le sage vétéran (Yul Brynner), l’intrépide justicier (Steve McQueen), le mercenaire sentimental (Charles Bronson), le jeune chien fou (Horst Buchholz), le solitaire taciturne (James Coburn), le repenti (Robert Vaughn) et l’arriviste (Brad Dexter). Tous vus précédemment en solo mais encore jamais réunis à l’écran, ici par une histoire qui en fait les défenseurs de miséreux villageois opprimés. Le reste des personnages appartient aussi à la mythologie du western : le bandit mexicain (Eli Wallach), le chef de village veule, la farouche paysanne etc…

John Sturges, en solide réalisateur/producteur, capable de gérer un grand spectacle qui alterne action et numéro de stars, sait maintenir sous respiration artificielle toutes ces figures, mais ne leur apporte pas beaucoup d’air frais. Si bien qu’au-delà du divertissement honnête, Les Sept Mercenaires reste un film bien impersonnel, efficace et agréable mais dénué de thématique profonde. Son intérêt en tant que « classique » du cinéma se situe plutôt dans ce qui lui vaut ce titre honorifique, soit une place bien particulière dans l’histoire du western, celle du dernier souffle de vitalité qui précède le décès, un excessif regain de santé, trop beau pour être vrai. On sait qu’un genre cinématographique arrive à son terme quand son incapacité à se renouveler l’oblige à réutiliser tout ce qui l’a traversé, à la manière d’un dernier flash-back retraçant sa vie, où tous les fantômes qui la hantèrent se réunissent pour une ultime farandole. L’imminente fin du western n’était peut-être pas annoncée par le film de Sturges, mais il en portait les signes avant-coureurs.

Car le western qui symbolisa à lui tout seul le cinéma de genre est mort de sa belle mort en 1962 au moment où John Ford signa L’Homme qui tua Liberty Valance. Imprimer la légende en était la conclusion. C’est donc en toute logique que, cette légende une fois imprimée sur pellicule, au début des années 1960, alors que la suprématie de l’Amérique était définitivement établie, le western n’eut plus de raison d’être, il pouvait s’éteindre avec l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Il ne restait plus qu’à le relire, le revisiter, ce qui conduit forcément à une forme parodique. Mais pour qu’elle soit opérante, pour qu’elle puisse aboutir en fin de compte à une analyse, il faut nécessairement qu’elle vienne de l’extérieur. C’est pourquoi le cinéma italien, alors le décalque distancié et outrancier d’Hollywood, sut mieux que ce dernier récupérer le western, le regarder sous un autre angle et le prolonger.

Les Sept Mercenaires fait donc figure de charnière entre deux cinémas dans l’évolution du genre. Il égraine tous les motifs qui feront du western transalpin ce qu’il fut, faisant le tri dans ce qu’il pourrait encore traiter et ce qui passera à la trappe. La galerie de personnage foisonnante lorgne timidement vers l’étalage de trognes des seconds couteaux suintants et crasseux des films de Sollima et Leone. Le scénario est souvent pur prétexte à l’exhibition comme le montre les démonstrations de talent successives au début du film. La musique omniprésente et percutante (fameuse partition d’Elmer Bernstein) donne immédiatement une couleur et un ton identifiable. Le remake permet de jouer sur la variation. Le problème indien est vite évacué : le seul indien du film étant dans un cercueil, et sera selon l’enjeu d’une scène de présentation dignement enterré, le reléguant au registre des affaires classées, écho bien-pensant aux idées progressistes qu’adoptèrent enfin les États-Unis. Même le casting regroupe certaines des vedettes qui orneront plus tard le western spaghetti (Yul Brynner, Eli Wallach, James Coburn, Charles Bronson…).

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Lun 2 Juin - 16:06

Analyse et critique : THE MAGNIFICENT SEVEN

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Sept hommes partis à la défense de paysans engagés dans une bataille sans merci contre des bandits qui les spolient depuis trop longtemps ; sur ce postulat de départ, Akira Kurosawa avait réalisé Les Sept samouraïs en s’inspirant du western américain. John Sturges prend à son tour pour modèle ce chef-d’œuvre pour en faire une adaptation westernienne que l’immense cinéaste japonais applaudira avec force, offrant même en cadeau à son homologue américain une arme de son pays pour le remercier de cette réussite. La boucle était bouclée, mais la comparaison entre les deux films n’a pas nécessairement lieu d’être autrement que pour se rendre à l’évidence de la supériorité écrasante du film japonais à tous points de vue. Christian Viviani écrivait dans son excellent ouvrage sur le western : "The Magnificent Seven, jetant un pont improbable entre le western et le film de samouraï, faisait au genre un mal dont il aura des difficultés à se relever.

En fait il le vidait sans même lui conférer cette poésie de la décadence que Peckinpah sut lui insuffler." Si j’aurais tendance à être en phase avec lui, je n’irai néanmoins pas dénigrer ici trop longuement ce western grâce auquel beaucoup de cinéphiles sont venus au genre, l’ont découvert et apprécié. Il existe certainement très peu d’adolescents qui n’ont pas porté le film au pinacle lorsqu’ils tombèrent dessus pour la première fois ; et je dois avouer l’avoir adulé moi aussi, John Sturges ayant même été un temps l’un de mes cinéastes préférés grâce également à un autre de ses grands spectacles, La Grande évasion (The Great Escape), qui réutilisait de nombreux jeunes acteurs du western qui étaient entretemps devenus des stars. Aujourd’hui, ces deux films ne me procurent plus guère de plaisir alors que le cinéaste reste toujours au sommet de mon panthéon personnel concernant le genre pour sa fabuleuse décennie 1950, de Fort Bravo (Escape from Fort Bravo), son chef-d’œuvre, au Dernier train de Gun Hill (Last Train from Gun Hill), y incluant même le western moderne qu’était le splendide Un homme est passé (Bad Day at Black Rock).

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Si contrairement au rédacteur de la revue Positif je ne parlerais pas de déchéance ou de décadence, car beaucoup apprécient à l'inverse le tournant pris par le western à cette occasion, ce que je peux tout à fait comprendre, Les Sept mercenaires marque cependant le réel commencement d’une certaine bifurcation du genre et plus globalement du film d’aventure hollywoodien au sens le plus général du terme (incluant donc film de guerre, western, film d’action, film d’aventure...) vers le spectaculaire à outrance. Beaucoup de ces films à très gros budget (sortes de "pré-blockbusters"), champions des rediffusions télévisées en France, me semblent malheureusement pour la plupart sans chair et sans âme. De l’honnête ouvrage certes, mais qui en général (car je généralise consciemment et subjectivement) finit par fortement ennuyer dès leur seconde vision par leur manque d’aspérités et de personnalité, que ce soit au sein des scénarios ou des mises en scène, l'esbroufe et le déploiement de moyens n'arrivant que rarement à cacher l'absence d'idées et d'efficacité dans la réalisation.

Le plus gros problème ("danger") avec Les Sept mercenaires (et de nombreux autres westerns des années 60) serait que tous ceux qui ne l’ont pas apprécié pensent pouvoir juger le genre au travers de ce titre emblématique. Il se tromperaient alors lourdement en estimant que tout ce qui a précédé ressemblerait peu ou pas du tout au film de Sturges, se coupant du coup de tout un pan du cinéma qui aurait éventuellement pu leur plaire, d'Anthony Mann à John Ford en passant par William Wellman ou Budd Boetticher. Il me fallait le redire afin que la curiosité l'emporte pour certains sur une première rencontre malheureuse. Si Les Sept mercenaires semble loin de valoir les westerns précédents de Sturges, serait-ce dû au fait que le cinéaste, étant pour la première fois producteur de son propre film, se serait plus préoccupé de cette nouvelle fonction que de sa mise en scène proprement dite ? Ce ne sont que des suppositions, mais les difficultés qu’il a rencontrées lors de la postproduction et du tournage pourraient éventuellement expliquer le manque de motivation et d’engagement que j’ai cru déceler au travers de sa réalisation.

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Au départ, ce serait la maison de production de Yul Brynner qui aurait bloqué les droits de l’adaptation du film de Kurosawa, annonçant d’emblée que le comédien serait de la partie et que la United Artists le distribuerait. Le producteur Lou Morheim affirme de son côté que c’est lui qui aurait originellement acquis les droits pour qu’Anthony Quinn en soit la future vedette. Puis des bruits coururent selon lesquels Yul Brynner dirigerait Anthony Quinn, alors que d’autres parlaient simultanément de Clark Gable, Stewart Granger, Glenn Ford ou Anthony Franciosa pour tenir le rôle principal, celui de Chris. C’est finalement à Yul Brynner qu’il revint, celui-ci étant remplacé à la mise en scène par Martin Ritt, "délogé" à son tour par John Sturges qui se voit offrir par la même occasion le poste de coproducteur, la Mirisch Company étant désormais la compagnie productrice. C’est d’ailleurs Walter Mirisch qui décide d’embaucher Steve McQueen, après que celui-ci a feint un accident de voiture sur le tournage de la série Au nom de la loi (Wanted Dead or Alive) afin de gagner du temps pour pouvoir tourner le western de John Sturges. Les relations entre McQueen et Yul Brynner seront assez tendues, le jeune comédien tentant à plusieurs occasions de voler la vedette à son aîné.

Le gouvernement mexicain, ayant estimé que Vera Cruz de Robert Aldrich avait donné une image trop négative de son peuple, accepta d’accueillir le tournage à condition que soient présents sur le plateau des huissiers mandatés spécialement pour vérifier que l'on ne nuirait pas cette fois-ci à l'image des Mexicains. Bref, le tournage fut mouvementé mais des gains phénoménaux firent rapidement oublier tout ces désagréments. La Mirisch Company et United Artists engrangèrent tellement de bénéfices qu’ils décidèrent de produire et de distribuer trois suites (ou séquelles) du film : Return of the Seven en 1966 dirigé par Burt Kennedy toujours avec Yul Brynner, Guns of the Magnificent Seven en 1969 réalisé par Paul Wendkos - George Kennedy reprenant le rôle de Chris - et enfin en 1972 The Magnificent Seven Ride ! signé par George McCowan et dans lequel Chris est cette fois interprété par Lee Van Cleef. Dans les années 2000, une adaptation télévisée est mise en chantier qui aura pour acteurs principaux Michael Biehn et Eric Close. Une belle manne financière que ces Magnificent Seven, dont seul le film de John Sturges est néanmoins demeuré célèbre !

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Pourquoi ce western est-il devenu mythique ? D’abord pour son casting génialement bien choisi, le charisme des comédiens et la forte caractérisation de chacun de leurs personnages. Tout cela n’est malheureusement pas forcément une qualité. En effet, comme dans un conte ou une histoire pour enfants, chacun des protagonistes n’est quasiment pourvu que d'une caractéristique marquante, bonne ou mauvaise ; ils deviennent ainsi tellement typés et artificiels qu’ils ressemblent plus à des pantins (ou, sans vouloir faire preuve de cynisme mais pour en rester à l'exemple du conte, aux sept nains de Blanche Neige) qu’à des êtres humains, les acteurs n’ayant finalement que peu d’occasions de véritablement leur apporter de l’épaisseur et également peu de temps pour pouvoir s’exprimer à leur aise. Les diverses motivations de leurs personnages pour reprendre du service s’avèrent un peu plus intéressantes mais cela est également aussi vite oublié qu’expédié. Chris / Yul Brynner, c’est le chef au fort charisme tout de noir vêtu, puissamment déterminé mais au caractère très sombre, déplorant de sembler traîner la mort derrière lui.

Sa vie très (trop) solitaire semble exclusivement consacrée à aider ceux qui en ont besoin et qui le payent pour le faire. Vin / Steve McQueen est la conscience du groupe, jamais à court d’anecdotes et de phrases toute faites, se révélant finalement un agaçant moralisateur. Il accepte la mission parce qu'il s’est rendu compte qu'il n'était pas fait pour un travail laborieux. Britt / James Coburn est un homme taciturne, spécialiste du lancer de couteau, ne trouvant plus d’adversaire à sa taille et, lassé de devoir tuer aussi facilement tous ceux qui le provoquent, ne sait plus quoi faire pour retrouver le goût de vivre hormis se lancer dans cette nouvelle bataille en espérant y trouver des rivaux dignes de ce nom. Lee / Robert Vaughn est un homme mystérieux et élégant aux goûts de luxe, désormais handicapé par le fait de ne plus avoir les nerfs assez solides pour pouvoir continuer à exercer son métier de mercenaire dans de bonnes conditions, craignant désormais la mort à chaque instant. Apporter de l’aide à des gens dans le besoin et sans toucher un gros salaire lui permettrait de mourir dignement.

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Bernardo / Charles Bronson est un homme courageux, dur à la tâche, et qui estime que 20 dollars à une époque où l'on ne l’embauche plus pour autre chose que couper du bois est une somme suffisante pour reprendre du service. Il s’humanisera au contact des paysans et notamment de leurs enfants qui le rendront charitable, leur faisant part quant à lui de son expérience en leur faisant comprendre que les véritables héros ne sont pas les mercenaires mais leurs parents qui se tuent au travail pour les élever correctement. Harry / Brad Dexter est le seul véritable mercenaire du groupe, lucide et conscient de la difficulté de ce qui les attend mais travaillant uniquement par appât du gain ; si la "récompense" proposée s’avère certes ridicule, il rejoint la bande car il est persuadé qu’un trésor se trouve dans les montagnes alentours. Enfin Chico / Horst Buchholz, c’est le jeune chien fougueux et inconscient du danger qui rêve devant les "exploits" de ses aînés, qui les admire sans retenue et veut à son tour leur prouver sa valeur. Peu attiré par le salaire, il ne pense qu’à imiter Chris et à connaître le même train de vie que son "héros".

Il représente le pistolero utopique tel que les autres se voyaient dans leur jeunesse. A voir où ils en sont arrivés, l’avenir pour un mercenaire n’est guère reluisant, témoins les deux ou trois rares et courtes séquences au cours desquelles nos Magnificent Seven laissent tomber le masque, se laissent à dévoiler leurs états d’âme. Il existe un autre personnage principal qui n’est autre que le chef des bandidos, l’ignoble Calvera. John Sturges et ses scénaristes s’enorgueillissaient du fait que la plus grosse différence qui existait entre le film de Kurosawa et le leur était la figure du méchant de service, quasiment anonyme dans le film japonais, alors qu'il avait au contraire un temps de présence important dans le western. "Nous avons typé chacun des sept mercenaires - leur donnant un passé - et créé le rôle du chef des bandits." Calvera est dépeint comme un homme haut en couleurs, Eli Wallach en faisant des tonnes dans le cabotinage. Le résultat est malheureusement inverse à l’intention de départ : en ayant fait de Calvera un monstrueux bouffon, Sturges et William Roberts ont atténué son côté inquiétant, la force du chef dans Les Sept Samouraïs provenant justement du fait qu’on le connaisse assez peu.

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Un Eli Wallach assez pénible, des seconds rôles mexicains très ternes et un groupe de sept acteurs qui pour certains font illusion par leur fabuleuse présence physique (Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson) mais n’arrivent jamais à enrichir leurs personnages sans grande originalité et très peu finement croqués, la psychologie étant aux abonnés absents alors que c’était ce qui faisait l’une des grandes forces des westerns de Sturges des années 50. Le personnage de Brad Dexter est quasiment sacrifié, Horst Buchholz s’avère un comédien très moyen et, hormis celui interprété par Robert Vaughn, les autres sont un peu tous bien trop monolithiques. Le manque de finesse se retrouve aussi dans le scénario d’ensemble, les quelques réflexions intéressantes à propos de l’engagement, de l'héroïsme, du sens de la vie et des responsabilités se retrouvant à doses homéopathiques au milieu d’une histoire simpliste, avant tout destinée au pur divertissement au point d’avoir laissé passer des invraisemblances grosses comme une maison (l’infiltration de Chico dans le campement de Calvera !). Mais cela ne serait pas très grave si nous nous étions retrouvés devant un film formellement et rythmiquement "couillu", comme il était de bon ton de dépeindre ces films des années 60/70 sans modération de testostérone signés par exemple par Robert Aldrich, Samuel Fuller ou Sam Peckinpah.

Hélas non, connaissant l’histoire par cœur, je me suis concentré plus attentivement cette fois-ci sur la mise en scène et je n’y ai pas trouvé l’efficacité tant vantée par ailleurs, sauf dans la seule séquence vraiment digne du talent coutumier de Sturges, celle au début du film de l’enterrement de l’Indien avec la conduite du corbillard jusqu'au cimetière par Yul Brynner et Steve McQueen qui se terminera par une violente fusillade. Pour le reste, les séquences d’action sont plus confuses qu’autre chose et l’on ne retrouve quasiment jamais l'intensité dramatique que le cinéaste arrivait à installer, pas plus que sa fabuleuse appréhension de l'espace, sa science dans l’utilisation des paysages, son génie de la topographie et du placement des personnages à l'intérieur du cadre. Au lieu de cela, on nous place devant une mise en scène non seulement moyennement bien rythmée mais également sans aucune personnalité et pour tout dire extrêmement terne, en tout cas tout le contraire d’efficace ; un comble pour le réalisateur de Fort Bravo, un western qui au contraire comporte parmi les scènes d’action les plus fabuleuses de l’histoire du genre.

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A tous les niveaux le western de John Sturges manque donc de finesse ; finesse pas même rattrapée ni par une romance aussi fadasse qu’inutile entre Chico et une Mexicaine, ni par des rebondissements finalement très convenus, ni même par le savoir-faire de la mise en scène qui manque singulièrement de nervosité et d’éclat. Et l’on pourrait d’ailleurs en dire de même de l’élément pourtant toujours porté aux nues, y compris par les détracteurs du film, la musique d’Elmer Bernstein. Si elle semble presque intouchable, elle ne m’a guère plus convaincu. Certes efficace par contre, elle manque elle aussi d’âme et a beaucoup de mal à nous toucher, finissant même par devenir lassante par son pompiérisme outrancier. Le grand compositeur fera bien mieux par la suite et nous démontrera par exemple au travers de sa partition pour Du silence et des ombres (To Kill a Mockinbird) de Robert Mulligan qu’il était capable de nous faire venir les larmes aux yeux. Mais je vais arrêter là car en tant que grand admirateur de John Sturges je suis le premier peiné à devoir dire du mal de l'un de ses films, même s'il avait fait bien pire auparavant (La Proie des vautours).

Ce petit "égratignement" d’un film aussi mythique ne lui fera néanmoins pas grand mal, ses fans se comptant par ailleurs par millions. Il n’empêche qu’il marque pour moi le début d’un virage pour le western qui ne me plaît guère, lui faisant perdre ses plus grandes qualités, remplacées ici par une succession de bons mots assez poussifs et de "one man shows" successifs. Immense déception que ce western ultra conventionnel, qui faisant mine de nous en mettre plein les yeux ne se révèle être qu’une banale série B facticement gonflée par son imposant budget et privée de vie : une coquille vide par manque de substance, de finesse et de profondeur ! A force de vouloir plaire au plus grand nombre... Néanmoins, et quoi que l’on en pense, Les Sept mercenaires aura eu le mérite de contribuer à la notoriété de pas moins de quatre futures stars : Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn et dans une moindre mesure Robert Vaughn.

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Sources critiques: DVDClassik.com
Photographies: collection personnelle



Dernière édition par Cooper le Lun 16 Mar - 16:35, édité 1 fois

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Chris 68 le Dim 15 Juin - 12:22

Photos de Yul Brynner ( Chris Adams ) The Magnificent Seven

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Lun 16 Juin - 18:30

D'autres Photos de Yul Brynner

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Lun 16 Juin - 18:41

D'autres ici avec Horst Buchholz ( Chico ), le plus jeune des sept mercenaires

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Tyrone le Lun 16 Mar - 16:04

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Mon avis : c'est un western des plus réussi de son époque , Yul Brynner , Steeve McQueen et Eli Wallach
y sont remarquables ; pourtant je n'ai jamais pu me décider à le classer parmi mes préférés .

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par Cooper le Lun 16 Mar - 16:59

Derrière ce succès se trouvent une réalisation classique mais somme toute efficace de John Sturgess (Règlement de compte à OK Corral), une bande originale omniprésente signée Elmer Bernstein, qui recevra l’Oscar en 1961, mais surtout un casting à la distribution sans faille et une thématique qui fera date dans l’histoire du western.

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Re: Les Sept Mercenaires (1960) John Sturges

Message par L'Impitoyable le Lun 16 Mar - 19:24

Le western connaissait sa première agonie à l’aube des années soixante, malgré la production occasionnelle de films de qualité (La Prisonnière du désert, Rio Bravo). Avec l’avènement de la télévision, les maisons américaines vivent au rythme du Far West et le public n’éprouve plus le besoin de se déplacer pour voir les exploits trop conventionnels de ces cow-boys qu’ils connaissent par cœur. Un amour pour le petit écran que la production va tourner à son avantage en donnant quatre des huit rôles principaux à des acteurs de séries télévisées. En tête d’affiche, bien évidemment Steve McQueen, qui fait chavirer les cœurs des ménagères et impose sa classe depuis 1958 en prêtant ses traits au chasseur de prime Josh Randall dans le show western Wanted: Dead or Alive. La petite histoire raconte que l’acteur aurait simulé un accident de voiture pour pouvoir s’absenter du plateau et participer au tournage du film au Mexique. Et si McQueen était déjà apparu dans des longs métrages entre temps, Les Sept Mercenaires, seul western d’entre eux, se plaçait réellement comme l’arrivée de Josh Randall sur grand écran.
 
On y retrouve également James Coburn (outre son rôle récurent dans Wanted il était apparu dans une trentaine de shows entre 1958 et 1960), Charles Bronson (premier rôle de la série Man with a Camera qu’il avait décroché en 1958 après la sortie du film policier Machine Gun Kelly) et Brad Dexter (que l’on avait pu voir entre autres dans les séries western Wanted, Have Gun, Cimarron City, Colt 45.…). Pour tenir les quatre autres rôles: Yul Brynner (Le Roi et moi - Oscar du meilleur acteur -, Les Dix Commandements, Anastasia), Eli Wallach (qui avait fait ses débuts sur grand écran avec le controversé Baby Doll d’Elia Kazan et apparaissait régulièrement dans les pièces de théâtre filmées Television Playhouse), Robert Vaughn (tout juste auréolé d’une nomination à l’Oscar pour The Young Philadelphians) et la jeune star allemande Horst Buchholz. Cela ne faisait alors aucun doute, l’atout principal du film résidait dans ce casting de choix. Huit acteurs impeccables dans des rôles comme taillés sur mesure que l’on apprend à connaître au cours des quarante premières minutes du film.

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Une introduction à nos sept mercenaires qui contient deux scènes désormais cultes. Tout d’abord la rencontre dans la ville du poste frontière entre les deux stars Brynner et McQueen, Chris et Vin, le leader et son futur bras droit. Inconnus solitaires tout juste arrivés en ville, les deux hommes acceptent de braver la milice locale en menant au cimetière le corps d’un Indien. Juchés sur un corbillard, ils remontent la rue principale, Chris tout de noir vêtu aux rênes, Vin en ange gardien la carabine à l’épaule. Le charisme des deux hommes et la durée de cette traversée de la ville (trois minutes) confèrent à l’ensemble une tension plus que palpable qui préfigure les astuces de mise en scène qui seront développées par la suite dans le genre. Également culte, la séquence du lancer de couteau, qui sert de présentation au personnage interprété par James Coburn. En seulement deux mots et quatre minutes de métrage, l’acteur y impose son physique filiforme et sa démarche reptilienne, donnant ainsi corps à la réputation de Britt, le chasseur de prime le plus rapide de l’Ouest.

Autre façon d’attirer l’attention sur ce nouveau western: son scénario atypique. Adapté du fameux Sept Samouraïs de Aki Kurosawa (1954), il apporte non pas un mais sept chasseurs de prime, personnages dont le public est devenu friand depuis l’avènement de la télévision une fois de plus. Les Sept Mercenaires se plaçait ainsi non seulement dans l’air du temps mais également résolument en contrepoint avec le western classique des années quarante et cinquante. En effet, les œuvres de l’époque mettaient généralement en scène un héros unique qui se battait pour des valeurs purement américaines, défendant son honneur, celui de ses proches, de sa ville, pour la beauté du geste. Ici il est présenté de prime abord comme un être mercantile, sans aucune attache, prêt à se battre pour n’importe quelle cause pourvu qu’il y ait de l’action et quelques dollars à la clé. En ce sens, le fait que Chris et Vin défient l’ordre établi lors de leur rencontre et que par la suite nos mercenaires soient embauchés par un village mexicain accentuent la notion de rupture avec l’âge d’or du genre.

On se trouve ici en plein mouvement révisionniste du western ou "sur-western" (terme utilisé par André Bazin dans Qu’est-ce que le cinéma ? - L’Evolution du western: "des westerns qui auraient honte de n’être qu’eux-mêmes et qui chercheraient à s’enrichir par des valeurs extrinsèques au genre"). Et si ce mouvement prenait ses racines hasardeusement dans les années cinquante avec des œuvres comme La Flèche brisée, Shane, l’homme des vallées perdues, Trois heures dix pour Yuma ou encore Sept hommes à abattre, Les Sept Mercenaires est le premier à évoquer haut et fort cette volonté de transformer le genre. Il va même plus loin en faisant état au travers des dialogues entre Chris et Vin de la mort du western. En effet, depuis leur première rencontre lors de la scène du corbillard jusqu’aux derniers mots du film "We lost. We always lose.", les deux hommes n’ont de cesse de déclarer que l’Ouest a changé, s’est civilisé, a perdu de sa splendeur, de son attrait et que les cow-boys fins tireurs se doivent de suivre ce mouvement, se ranger, passer à autre chose.

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