Kick-Ass 2 (2013) Jeff Wadlow

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Kick-Ass 2 (2013) Jeff Wadlow

Message par Cooper le Mer 21 Aoû - 19:35

"Kick-Ass 2", le retour des vrais-faux super héros au ciné le 21 Août.

Les vrais-faux super héros sont de retour dans la suite de "Kick-Ass". Plus potache mais moins politiquement incorrect que le premier opus, le film accueille Jim Carrey en personnage secondaire génial.

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Encore des mecs masqués et en plus dans une suite ? Si l’affiche de "Kick-Ass 2" ne rassure pas et nous confirme que les blockbusters cette année souffrent d’un gros manque de surprises ("Wolverine", "Iron Man 3", "Insaisissables"…) et offrent à leur public des rebondissements tellement redondants qu’il finit par les attendre impatiemment.
Malgré tout, nous pouvions néanmoins rester enthousiastes vis-à-vis de cette suite, apparemment plus vicieuse que le premier épisode. Lorsqu’on voit la dégaine de Jim Carrey, la trogne de Christopher Mintz-Plasse et le pyjama d’Aaron Taylor-Johnson qui fait office de costume, on se dit qu’il y a peut être de quoi passer un bon moment.

Enchaînement d'incohérences grotesques

On pourra faire tous les reproches que l’on veut au premier, mais Matthew Vaughn ("Layer Cake") nous avait offert une œuvre fun, décomplexée qui ne manquait pas de rythme et qui était portée par un casting dément (Nicolas Cage est retourné s’enfoncer depuis). Pour ce deuxième opus, Matthew Vaughn passe le flambeau à Jeff Wadlow, réalisateur de l’ultime film de kékés, "Never Back Down". Et à vrai dire, la différence se ressent immédiatement, même si Vaughn assure tout de même la production de cette suite.
"Kick-Ass 2" est un enchaînement d’incohérences grotesques dépourvu de tout scénario. Le jeune héros est retourné au lycée. Il décide de reprendre son costume et d’aller se battre contre son ennemi juré qui s’est transformé en l’abominable Motherfucker. Heureusement, il y a Hit Girl.

Depuis le premier opus, c’est elle le personnage le plus intéressant et ici, c’est la seule qui est abordée avec un véritable intérêt. Impossible de s’attacher aux autres losers magnifiques car leur traitement est dénué d’émotions et la seule chose qui importe à Wadlow, ce sont les vannes et la baston. Au niveau des gags, il faut reconnaître que l’on a beaucoup ri, même si "Kick-Ass 2" se révèle au final plus potache que politiquement incorrect, malgré quelques situations corrosives et un propos réactionnaire qui en fera gerber plus d’un.
Lorsqu’il filme des combats, Wadlow devient épileptique et si vous vous concentrez, vous pourrez apercevoir la bave de ses crises durant les séquences les plus agitées. Des idées, il y en a mais elles sont en général mal exploitées. Cela ne nous empêche pas de prendre du plaisir et le second degré omniprésent fait passer la pilule.

Un divertissement fun

"Kick-Ass 2" possède également des qualités et de l'originalité dans certains retournements de situation. Malheureusement, Wadlow est incapable de transmettre le moindre sentiment avec sa caméra sans être aidé d’un coup de batte, d’un pet ou d’une giclée de sang.

Des thèmes comme le passage de l’adolescence à l’âge adulte ou le recours à la violence et ses conséquences sont donc passés à la trappe. Il ne sait également pas comment intégrer ses personnages secondaires (y compris Jim Carrey, pourtant génial), qui bénéficiaient pourtant d’un potentiel extraordinaire. On connaît le débit de Donald Faison ("Scrubs") et ici, il n’a pas la moindre possibilité de s’exprimer.
Mais malgré cela, il reste Hit Girl et le Motherfucker, toujours impeccables et à l’origine des répliques les plus drôles ou des scènes les plus badass. Chloë Grace Moretz ("Hugo Cabret") est impressionnante et il est fort possible, vu la situation actuelle à Hollywood, qu’un long métrage lui soit entièrement consacré dans quelques années.

En attendant, si vous cherchez un divertissement fun, préférez "Kick-Ass 2" à "R.I.P.D" ou "RED 2", mais n’allez pas y chercher une quelconque logique ou subtilité. Le problème du film, c’est de vouloir contenter les geeks (encore une fois le terme est loin d’être une insulte) avec les habituels stéréotypes du genre sans jamais les dépasser ou les contourner pour transmettre un message ou secouer son public.

Le Nouvel Observateur



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