Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack

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Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack

Message par The Shadow le Dim 18 Avr - 10:31

Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack  

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LE SYNOPSIS

Dans les années 1850, Jeremiah Johnson, ancien militaire, décide de fuir la violence des hommes et la civilisation pour gagner les hauteurs sauvages des montagnes Rocheuses.

Mal préparé à cette rude vie, il connaît des débuts difficiles ; jusqu’au jour où il fait la rencontre de « Griffes d’Ours », un vieux chasseur de Grizzlis qui lui apprend le dur de métier de trappeur et les coutumes des indiens.

Un jour, Jeremiah découvre une cabane dont les occupants pionniers ont été massacrés par des Indiens, il recueille alors un jeune garçon survivant de cette tuerie à la demande de sa mère devenue folle à la suite de ce traumatisme.

Peu après, les deux personnages font la rencontre de Del Gue, un chasseur cynique et malhonnête, détroussé et enterré vivant par les Indiens Pieds-Noirs. Ce dernier récupère ses effets avec l’aide de Jeremiah et scalpe trois indiens de la tribu en guise de vengeance

Le lendemain, ils rencontrent tous trois une tribu adverse, les Têtes-Plates. Deux langues, le chef de la tribu, décide d’offrir sa fille, Swan à Jeremiah en échanges des scalpes de Del Gue.

Après la cérémonie de mariage Del Gue quitte ses compagnons en leur souhaitant une bonne lune de miel.
Après avoir longtemps erré, Jeremiah trouve enfin un endroit idéal pour construire une habitation et fonder une famille heureuse avec Swan et Caleb......

LA FICHE TECHNIQUE

Scénario : John Milius et Edward Anhalt d'après les romans de Vardis Fisher "The Montain Man"" et Raymond V. Throp ""the Crow Killer"".
Production : Joe Wizan
Producteur Associés : John . Coonan et Mike Moder, ainsi que Wizan-Sandford Production
Directeur de production : John R. Coonan
Images : Duke Callaghan
Directeur Artistique : Ted Haworth
Décors : Raymond Molyneaux
Montage : Thomas Standford
Son : Charles Wilborn
Titres : Phil Norman
Casting : Lynn Stalmaster
Distribution : Warner Columbia
Conseiller Technique : John Arlee
Assistant réalisation : Mike Moder
Musique : John Rubinstein et Tim McIntire
Sortie parisienne : 15 septembre 1972

LA DISTRIBUTION

Robert Redford : Jeremiah Johnson
Will Geer : Bear Claw Chris Lapp
Stefan Gierasch : Del Gue
Allyn Ann McLerie : la femme folle
Charlers Tyner : Robidoux
Paul Benedict : Révérend Lindquist
Jack Colvin : Lieutenant Mulvey
Josh Albee : Caleb
Joaquim Martinez : Paints His Shirt Red
Mark Clark : Qualen
Richard Angarola
Delle Bolton : Swan

..L'un de mes films préférés, toutes catégories confondues, avec l'un de mes acteurs préférés également.

Cet hymne à la liberté, liberté fortement teintée d'individualisme, vient conclure une période du cinéma américain marquée par le traumatisme vietnamien.
JJ quitte le monde civilisé, monde de guerres sans signification, et rejoint la nature au sein de laquelle il espère retrouver des valeurs, un mode de vie, qui lui échappent "en-bas".

Un film magique.

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Re: Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack

Message par L'Impitoyable le Dim 26 Avr - 12:38

JEREMIAH JOHNSON

Jeremiah Johnson est un film américain de 1972 s'inspirant de la vie du célèbre mountain man « Johnson le mangeur-de-foie » (John Johnson) et réalisé par Sydney Pollack.

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ARTE diffuse dimanche 26 avril à 20h45 Jeremiah Johnson (1972) de Sidney Pollack, avec Robert Redford dans le rôle-titre. Il s’agit du deuxième et meilleur des sept longs métrages de Pollack avec Redford en vedette.

Jeremiah Johnson s’inspire de la vie d’un célèbre « mountain man » (« homme des montagnes ») John Johnson surnommé « le mangeur de foie ». Dans les années 1850 Jeremiah Johnson est un ancien soldat nordiste qui, dégoûté par la guerre de Sécession et la violence des villes décide de rompre avec la civilisation et de partir vivre dans les Montagnes Rocheuses. Mal préparé à la vie sauvage, ses premières années d’ermitage sont difficiles. Il doit affronter le froid, la faim, les bêtes féroces… La coexistence avec les différentes tribus indiennes n’est pas toujours pacifique… Sa rencontre avec un vieux trappeur lui permettra d’apprendre les méthodes de chasse et de survie, et les coutumes des Indiens. Mais la violence des hommes finira par le rattraper.

Western panthéiste aux images sublimes de paysages grandioses (le film fut tourné dans l’Utah, et donnera l’idée à Robert Redford d’y installer son festival du cinéma indépendant américain, Sundance, dans une petite station de montagne Park City en plein pays Mormon), Jeremiah Johnson n’est pourtant pas une simple ballade écologiste vantant les joies du retour à la nature. Son véritable sujet rejoint des préoccupations très contemporaines qui sont celles de l’Amérique du début des années 70. Comment échapper à la violence qui règne aux Etats-Unis – taux de criminalité record dans les grandes villes – et hors de ses frontières – la guerre du Vietnam? Les Chiens de paille de Sam Peckinpah réalisé un an plus tôt se posait la même question, et y répondait avec un nihilisme radical : un intellectuel américain et sa jeune épouse fuyaient le climat de violence en Amérique et se retrouvaient confrontés à la sauvagerie d’une tribu familiale dans un petit village irlandais…

L’ancien soldat Jeremiah Johnson va devoir pour survivre et assouvir son désir de vengeance (« death wish ») tuer des Indiens qui lui contestent sa présence sur leur terrain de chasse et la terre de leurs ancêtres. C’est la profanation du sol sacré d’un cimetière par des soldats américains guidés par Jeremiah Johnson qui va déclencher une flambée de violence. Le prix à payer pour Jeremiah Johnson sera le massacre de sa nouvelle famille et la condamnation à la solitude, âme errante atteignant le statut de légende à chaque nouvelle victoire en combat singulier. Pollack et Redford ne glorifient pas les épisodes sanglants d’un scénario coécrit par John Milius, figure phare du Nouvel Hollywood connu pour sa passion et sa connaissance encyclopédique de l’histoire des Etats-Unis mais aussi sa fascination pour la violence et la volonté de puissance de héros individualistes et conquérants. On retrouve la vision pleine de bruit et de fureur du futur réalisateur de Dillinger et Conan le Barbare dans Jeremiah Johnson, mais édulcorée par l’humanisme de Pollack qui oriente le film vers un sentiment de tristesse et de désillusion. C’est d’ailleurs en raison des modifications apportées à ses scénarios Jeremiah Johnson et Juge et Hors-la-loi de John Huston que Milius décidera de passer à la mise en scène, seul maître à bord de quelques films remarquables – plus particulièrement Graffiti Party (Big Wednesday) en 1978.



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Re: Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack

Message par L'Impitoyable le Dim 26 Avr - 12:40

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Re: Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack

Message par L'Impitoyable le Dim 26 Avr - 12:42

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Re: Jeremiah Johnson (1972) Sydney Pollack

Message par Cooper le Dim 26 Avr - 13:57

Jeremiah Johnson réalisé par Sydney Pollack

Délivrance, La Dernière Maison sur la gauche, John McCabe, Massacre à la tronçonneuse, Les Chiens de paille, Le Convoi sauvage, Jeremiah Johnson… en l’espace de trois petites années (1971-73) le Nouvel Hollywood vient d’offrir quelques grandes toiles fêlées au cinéma américain. Les réunir ainsi n’est certainement pas anodin puisqu’il s’agit du surgissement à l’écran de ce que le « Vieil Hollywood » avait jusqu’alors refoulé : un pic de fièvre primitiviste. À l’apogée du bain de sang vietnamien, ces films questionner tous l’ennemi intérieur et trouvent dans le « wilderness » l’espace d’où surgissent les puissances d’une sauvagerie sans nom. Sans doute moins polémique et à l’évidence plus respectueux envers la tradition, Sydney Pollack érige lui, à travers l’épopée de son héros solitaire, Jeremiah Johnson, les formes d’un western hivernal, entre « soleil et orage », révisionnisme romantique et escalade barbare.

L’histoire de Jeremiah Johnson, du fait du continent et du genre où elle s’inscrit, est à bien des égards mythique. C’est d’abord celle, tirée de faits réels, d’un trappeur qui, bien avant les pionniers, allait déborder la Frontière pour rejoindre l’Ouest et ses montages Rocheuses. Itinéraire emblématique, le parcours de Jeremiah Johnson se réfère à toute une tradition de la culture américaine où le récit consiste à cerner la relation de l’individu à la société et le rapport d’une âme solitaire avec la Nature. Ainsi, les années 1850 dépeintes sont celles pour les États-Unis d’une guerre avec le Mexique. Soldat qui a quitté (déserté) les rangs de l’armée (le Vietnam en filigrane), ce « mountain man » aux cheveux de blés (Robert Redford) semble tout autant décidé à quitter la civilisation qu’inquiet à l’idée de se perdre à l’Ouest. Mais armé de l’esprit conquérant du pionnier, celui « le nez au vent et le regard à l’horizon », Johnson trace sa piste. Une piste, semée d’embûches et de rencontres, qui le mènera jusque dans les bras d’une indienne puis aux prises avec des guerriers Crows, le tout magnifiquement quadrillé par la majestueuse beauté d’un environnement escarpé.

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Étrange cas que ce chef-d’œuvre de Sydney Pollack et sans doute le voire l’un des derniers monument(s) du western. Entre réalisme documentaire (l’initiation physique) et lyrisme onirique (mouvement de grue, grandiose partition de cordes), Jeremiah Johnson est l’un des seuls films de la décennie à autant préserver les codes classiques du genre qu’à discrètement s’en émarger. Si la rencontre avec le fameux Griffe d’Ours dégage un côté picaresque qu’un John Ford ne dénigrerait pas, la figure errante et quelque peu tourmentée de Jeremiah Johnson n’a rien avec un John Wayne sans peur et sans reproche. De même, si le système des personnages qui gravite autour de Jeremiah reste largement identifiable (le « old timer » Griffe d’Ours, le « vilain » Del Glue), la figure de l’indien serait en apparence plus problématique. En effet, outre qu’on les entend parler en français, la place réservée aux indiens semble autant en continuité avec un certain antagonisme classique que prendre acte du révisionnisme moderne de Little Big Man.

En plus de la romance avec l’indienne (l’amour vu comme deux terres étrangères…) la peinture des rites et des costumes inspirée par des recherches de fonds ne laissent planer aucun doute quant à l’intention de Pollack de ne plus alimenter les clichés d’alors. Ainsi, et à la différence du pasteur fanatique et de l’armée qui profanent le cimetière, les guerriers indiens qui pourchassent Jeremiah dans la seconde partie dégagent une autonomie au travers du noble courage et du respect sacré dont ils sont nimbés. Il ne faut donc pas voir dans les scènes de corps-à-corps entre Jeremiah et les vaillants « peaux-rouges », un motif réactionnaire mais bien ce qui habite et surgit du fond hostile de la Nature. Pareille à la puissante séquence de combat avec les loups, l’imagerie indienne repose sur cet authentique trait du récit américain où la Nature abrite en son sein une pure menace. Ce trait qui fera écrire à Melville dans un chapitre fameux de Moby Dick que la belle surface de l’océan n’est que l’illusion d’un fond sauvage où les requins s’entredévorent…

Écrit à plusieurs mains dont celles du fidèle Robert Redford, Jeremiah Johnson fonctionne et enivre encore aujourd’hui avant tout grâce à son échafaud soigné. Il aura fallu six mois de montage à Sidney Pollack pour faire du parcours de Jeremiah Johnson un circuit en miroir sous forme de boucle. Le meurtre de la famille et l’incendie de la maison de Johnson marque ainsi une césure où de l’errance initial qui le conduira à l’établissement (pastoral) dans les bois, Jeremiah va devenir le héros une guerre sans fin qui fera de lui une légende de l’Ouest. Tous les personnages rencontrés en chemin et que Jeremiah recroisera plus tard actualisent à chaque reprise la stature mythique de l’aventurier Johnson.

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Enfin, l’instinct du trappeur est ici redoublé et profondément idéalisé par la monumentalité de l’environnement qu’il a conquis, où il a appris se fondre. Car au fond, il s’agit bien encore et toujours de cela dans Jeremiah Johnson et le western en général. D’une profonde inclinaison envers la Nature. Ici celle des Rocky Mountains superbement embellie par l’usage du Technicolor et de la Panavision. Du passage des saisons au bestiaire qui le traverse, le regard du cinéaste les accueille pour dresser d’immenses toiles en référence directe à l’inspiration romantique des peintres américains (Albert Bierstadt et Frederic Edwin Church). Le battement harmonieux qui en découle, la religiosité de ces œuvres sublimes de la Nature confèrent au film une immense grâce. Grâce rendue par le manteau neigeux qui l’enveloppe et sans doute symbolisée par cette parfaite surimpression où la montagne, le feu et le visage de Jeremiah Johnson ne font désormais plus qu’un.

« Les plus belles sculptures du monde sont ici. Il n’y a pas de lois pour les braves. Pas d’asile pour les fous. Pas d’église excepté celle-là. Pas de prêtre, sauf les oiseaux. Je suis un homme des montagnes… »
Chant d’adieu du personnage Del Glue à Jeremiah Johnson

Source ciné: Critikat


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